Covid-19 et jeux d’argent : quelles sont les répercussions économiques de la fermeture des casinos ?

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Par Partenaire Modifié le 14 décembre 2020 à 9h49
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5,3 millions €Les casinos auraient perdu 5,3 millions d'euros au premier semestre.

L’année 2019-2020, l’année Covid aura été l’année de toutes les pertes pour les casinos. On rapporte des chiffres records de pertes financières s’évaluant à 5,3 millions d’euros du 1er novembre 2019 au 30 avril 2020, pour des groupes tels que Partouche. Un an après, les casinos continuent de recoller les morceaux. Cependant, c’est sans compter la situation, désormais précaire, des milliers de salariés en chômage technique, les plaintes des communes qui ont perdu une partie des taxes et loyers versés, etc. Retour sur une année difficile pour les casinos !

La fermeture des casinos : toute une industrie économique aux abois

La fermeture des casinos fait partie des premières mesures prises par les autorités à divers niveaux pour essayer d’endiguer la propagation du coronavirus. En effet, après les premières vagues de morts en cascade de coronavirus, les lieux de réunions et de rassemblement de grandes foules comme les casinos terrestres n’ont eu d’autres choix que de fermer, sous peine de sanctions. Si au début de l’annonce du confinement, ces mesures avaient semblé normales et logiques, ce fut pour les casinos une descente aux enfers. Au compteur, c’était zéro chiffre d’affaires pour tous les casinos. Dans les régions touristiques par exemple, l'absence du duo tourisme-casino a fait énormément de dégâts. Plus de tourisme, plus de recettes, plus de casino, plus de recettes. Dans des villes comme Deauville, on parle de pertes de l’ordre de 2 millions d’euros seulement dans le mois de mai 2020. Partouche, le numéro deux français, voit également rouge avec des pertes nettes s'élevant à 5,3 millions d'euros au premier semestre, entre le 1er novembre 2019 et le 30 avril 2020. C'est pendant cette période qui courut de décembre à juillet que des millions de joueurs de casinos terrestres se sont tournés vers les casinos en ligne. De nombreuses plateformes furent ainsi créées, visant à orienter les joueurs pour tout comprendre des casinos en ligne. On leur recommanda les casinos sûrs et les informa sur les avantages à jouer sur tel ou tel site de casino en ligne. Aujourd’hui encore où les casinos terrestres espèrent le retour progressif de la clientèle, certains joueurs ont définitivement adopté ces casinos en ligne.

Les employés des casinos terrestres mécontents

Les premières victimes directes du confinement furent les milliers de salariés de ces casinos, forcés au chômage technique. Ces travailleurs ont, désormais, peur pour leur avenir et réclament qu’on se penche sur leur cas. C'est une peur justifiée d’autant plus que, l’indemnité de chômage partiel qui leur avait été promise peine à tomber dans leurs tirelires. Donc, au cours de cette année 2020, les conditions de vie de ces milliers d’employés ont été fortement précarisées. À Enghien-les-Bains, les 600 employés de Barrière, numéro un des casinos en France, se sont plaints, à maintes reprises, auprès de l’autorité ministérielle en charge du travail. Leurs plaidoiries portaient également sur la nécessité d'encadrer les mesures de redressement probable que pourraient prendre, à la reprise, les responsables des casinos. Pour les employés, cela pourrait signifier réduction des effectifs ou baisse des salaires. C'est une plaidoirie soutenue par les travailleurs d'autres villes d’Île-de-France.

Fermeture des casinos : les budgets des mairies amputés

La majorité des mairies de France vivent en partie des recettes qui leur sont mensuellement versées par les casinos terrestres. Pour faire plus clair, les jeux d’argent dans les casinos contribuent à financer les dizaines de projets des communes. Pour faire face aux nouvelles réalités imposées par le confinement, les mairies ont dû se passer des recettes des mois d’avril à juin, en espérant des jours meilleurs. Pour des petites communes comme Saint-Aubin-sur-Mer ou Yport, il a fallu réaménager les budgets communaux qui furent amputés, respectivement, de la contribution de 3% soit 120 000 € et de 8 % soit 99 000 € des casinos. À Dinard, on espère que la reprise des activités des casinos permettra de recouvrer les arriérés de loyer mensuel d’une valeur de 300 000 €. Le casino de cette commune reverse aussi, à la mairie, 50 000 € de participation aux activités culturelles. Ce à quoi, la commune n'a pas eu droit cette année. La mairie a dû également se résigner par rapport aux taxes qui se sont vite accumulées. Dans une telle ville, la taxe du casino oscille entre 1 et 2 millions d’euros. Pour toutes ces communes, c’est le développement en général et la concrétisation des projets structurants qui ont pris un coup. Il serait d’ailleurs difficile de rattraper un tel retard. Certains ont, néanmoins, fait un report d’investissement pour les années à venir. En résumé, cette année finit avec les voyants au rouge pour les casinos et pour les communes. La moisson des mairies fut vaine lorsqu’on se rappelle les 262 millions d’euros versés en total aux communes en 2018. L’État français a aussi les mains liées et n’a pas pu bénéficier, ne serait-ce que des 742 millions d’euros que les casinos lui ont versé en 2018.