Covid, inflation, guerre en Ukraine, tous les éléments pour une stagflation !

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Par Daniel Moinier Publié le 11 juillet 2022 à 16h08
Rebond Economie Francaise 2021
2,8%La Banque de France prévoit une croissance de 2,8% en 2022.

L’Occident a voté des sanctions drastiques pour essayer d’arrêter la guerre ukrainienne fomentée par Vladimir Poutine.

A la suite de cela les prix qui avaient commencé d’augmenter suite à la reprise d’après Covid, se sont enflammés avec la raréfaction de plus en plus importante des matières premières.

En isolant la Russie, les conséquences premières ont été de se priver du :

  • 1er producteur mondial de gaz

  • 1er exportateur mondial de bois

  • 1er producteur mondial de palladium

  • 3ème producteur mondial de pétrole

  • 3ème producteur mondial de nickel

  • 3ème producteur mondial d’aluminium

  • 4ème producteur de charbon

  • 8ème producteur de cuivre

Cette guerre, et tout ce qu’elle implique comme pénurie, a modifié toutes les économies mondiales, mais principalement celles de l’Occident, de l’Afrique…

Selon la Banque de France, la croissance pour 2022 qui était estimée au minimum à 4%, devrait être au mieux à 2,8% en 2022 et à peine 1% en 2023.

Avec le déclin suite au Covid, la reprise a nourri une forte inflation et la guerre ukrainienne a entrainé très rapidement une diminution de la croissance.

Ces deux importantes modifications économiques rapides devraient faire passer progressivement la France en stagflation.

L’argent perd de sa valeur, les économies ne se croisent plus et le chômage commence à repartir. L’inflation ronge l’épargne qui se déprécie.

Devant cette situation inédite, les gouvernements s’affolent. Ils ont peur de l’arrivée de manifestations de plus en plus importantes tous secteurs confondus.

Certains économistes parlent d’une inflation qui s’étalerait sur plusieurs années. Quatre ans à 7% pourrait faire perdre jusqu’à 25 % sur ses placements !

Par contre ce sont toutes les matières premières qui flambent et cela peut aller jusqu’où ?

Les gouvernements essaient tant bien que mal de sortir des compensations financières pour apaiser les revendications, prime ici, prime ciblée par là. Et les entreprises commencent à la lâcher du lest, mais il est à craindre que cela ne suffise pas surtout si le taux d’inflation continu de « flamber » !

Selon les perspectives économiques publiées par la Banque mondiale, il en résulte une forte tension inflationniste débouchant à priori sur une stagnation, ce qui aurait des conséquences délétères tant pour les pays à faibles revenus que ceux ayant des revenus intermédiaires. En raison des dommages conjugués de la pandémie et la guerre ukrainienne, le niveau de revenu par habitant dans ces économies en développement sera inférieur de près de 5% de la tendance pré-Covid.

« Ces pays devront trouver un équilibre permettant à la fois d'assurer la viabilité budgétaire et d'atténuer les effets de la conjugaison des crises actuelles sur leurs populations les plus pauvres, souligne Ayhan Kose, directeur du département Perspectives de la Banque mondiale.

« La guerre en Ukraine, les confinements en Chine, les perturbations des chaînes d'approvisionnement et le risque de stagflation pèsent sur la croissance. Pour bien des pays, il sera difficile d'échapper à la récession, confirme le président de la Banque mondiale, David Malpasset ».

Les marchés regardent vers l'avenir, il est donc urgent d'encourager la production et d'éviter les restrictions commerciales. Des changements dans les politiques budgétaires, monétaires, climatiques et d'endettement sont nécessaires pour remédier à l'affectation inappropriée des capitaux et aux inégalités.

Ce qui pourrait devenir problématique pour la France, ce serait une possible ingouvernementabilité, c’est-à-dire une possible paralysie des réformes à faire et surtout un défaut de réactivité face à un contexte sanitaire, social, économique mouvant, pouvant occasionner des contretemps très couteux en termes d’activité et de conflictualité sociale.

A six mois de 2023, il est encore très difficile de donner des perspectives réalistes, mais la probabilité que la dégénérescence du conflit ukrainien, projette les pays avancés, telle la France, dans une séquence de récession plutôt forte, voire catastrophique. !!!

Cette décroissance arrangerait certainement Serge Latouche qui lui annonce, que l’on est tous toxicodépendants du système de croissance. Il prône de travailler moins, d’acheter moins, voyager moins loin, manger local…

Un autre avant lui Paul Samuelson prix Nobel d’économie soutenait que pour maîtriser l’inflation, il faudrait un ralentissement de l’économie et de la production avec 5 à 10 années de chômage à 9% voire plus.

Par contre Arthur Laffer (économiste américain réputé) écrivait en 1980, que l’histoire prouve que la croissance forte ne provoque pas d’inflation, au contraire. Dans les années 1920, lorsque le taux d’imposition le plus élevé a été réduit de 73% à 25%, le PIB réel a grimpé en flèche et le niveau des prix a chuté. Dans les années 1960, les réductions d’impôts et les politiques favorables à la croissance ont conduit à une expansion économique, à des prix stables et à des excédents budgétaires.

Le secret pour vaincre l’inflation n’est pas l’effondrement économique et le chômage élevé, précise Laffer, mais le contraire : des politiques favorables à la croissance qui créent des incitations pour une plus grande production de biens et plus d’emplois, mais aussi moins de dépenses publiques et une monnaie saine. Plus l’économie produit, plus les prix baissent. Inversement, un ralentissement économique signifie moins de biens produits et moins d’emplois. Le fait de mettre des gens au chômage et de réduire l’offre de biens fait-il chuter les prix des biens ?

Le secret pour vaincre l’inflation n’est pas l’effondrement économique et le chômage élevé, précise Laffer, mais le contraire.

L’histoire prouve que la croissance forte ne provoque pas d’inflation :

L’exemple flagrant est celui de Ronald Reagan qui en 1983 a baissé les impôts, stimulé la croissance économique. En 1 an et demi, le PIB a augmenté de 8%, l’inflation s’est effondrée passant de 13,5% à 4,32%.

Alors que va faire ou pourra faire ce gouvernement devant cette crise inédite depuis très longtemps, « coincé entre les écologistes et les nupes ».

www.danielmoinier.com

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Daniel Moinier a travaillé 11 années chez Pechiney International, 16 années en recrutement chez BIS en France et Belgique, puis 28 ans comme chasseur de têtes, dont 17 années à son compte, au sein de son Cabinet D.M.C.Il est aussi l'auteur de six ouvrages, dont "En finir avec ce chômage", "La Crise, une Chance pour la Croissance et le Pouvoir d'achat", "L'Europe et surtout la France, malades de leurs "Vieux"". Et le dernier “Pourquoi la France est en déficit depuis 1975, Analyse-Solutions” chez Edilivre.