La crise énergétique, une crise à la Lehman Brothers !

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Un conflit prolongé en Ukraine réduira la croissance mondiale de 0,5 à
1,0% en 2022.

« La hausse du prix du gaz et les interventions de divers gouvernements pour soutenir les entreprises énergétiques pourraient déclencher une crise sans précédent dans le secteur européen de l’énergie, semblable à ce qui s’est passé avec Lehman Brothers en 2008.

Le ministre finlandais des finances, Mika Lintila, et le ministre allemand de l’économie, Robert Habeck, ont donné ces sombres prévisions pour l’industrie européenne, après que les deux pays ont accordé des dizaines de milliards d’euros d’aide aux entreprises énergétiques de leurs pays respectifs.

En effet, de plus en plus d’Etats européens se précipitent à la rescousse en offrant des financements par le biais de garanties ou de lignes de crédit pour éviter la défaillance des acteurs de l’énergie qui sont contraints d’acheter du gaz et d’autres biens énergétiques à des prix insoutenables ». C’est ce que dit cette dépêche Reuters rapportée par le site Investing ici

Les factures d’électricité sont impayables pour l’ensemble des acteurs économiques, qu’il s’agisse des ménages ou des entreprises bien évidemment.

Pour les analystes financiers le risque se situe au niveau des produits dérivés sur l’énergie, et d’ailleurs la Commission Européenne envisage sérieusement de les suspendre.

Elle ferait bien de se hâter avant que tout cela nous explose à la figure et déstabilise l’ensemble du secteur financier et donc bancaire.

« Un danger, celui des appels de marge, qui, selon le norvégien Equinor s’élèvent à 1 500 milliards de dollars dans le commerce européen de l’énergie, et qui nécessiteront « un fort soutien en matière de liquidités », comme l’a déclaré Helge Haugane, premier vice-président d’Equinor pour le gaz et l’énergie, dans une interview ».

Pendant que nous croulons sous les problèmes à résoudre, la Russie, elle encaisse 158 milliards d’euros de vente de son gaz.

Brillant résultat des sanctions contre la Russie ou l’histoire de l’arroseur arrosé.

Je ne vous dis pas qu’en Russie tout va bien, mais les Russes auront chaud cet hiver même si leur pays est froid, au lieu de rouler dans des voitures Renault, ils roulent désormais dans des voitures chinoises qui arrivent par trains entiers. Au lieu d’avoir des téléphones Apple qui viennent de Chine, ils ont les copies chinoises. C’est peut-être un poil moins bien, mais comme dirait Macron, il faut savoir payer le prix de la guerre n’est-ce pas ?

Personne n’ose vraiment vous le dire, mais pour le moment, le coût de la guerre contre la Russie est plus important financièrement pour l’Europe occidentale que pour la Russie elle-même.

Cela ne fera pas plaisir, et ils se trouvera quelques couillons pour me taxer de « pro-russe », grand bien leur fasse.

La réalité c’est que nous sommes les dindons de la farce et que si nous voulions gagner réellement cette guerre, nous devrions nous y prendre autrement, car nous ne sommes pas en train de gagner. Nous sommes en train de nous affaiblir économiquement, monétairement.

Je vous dis autrement. Nous sommes en train de perdre la guerre sur le terrain économique, et sur le terrain militaire nous reprendrons jamais la Crimée si ce n’est au prix d’une troisième guerre mondiale nucléaire dont personne ne veut.

Alors cessons les âneries et les mouvements de mentons martiaux.

La nouvelle première ministresse britannique Truss vient de décréter le gel des factures d’énergie des Anglais avant de terminer la tête dans la Tamise ce qui va coûter aux finances du pays 130 milliards de livres sterling.

Hahahahahahaha.

J’en rigole encore.

130 milliards, c’est un peu comme si l’Etat payait 130 milliards d’euros en France alors que le budget total de notre pays est de 380 milliards d’euros pas an !

Hahahahahahaha.

Vous avez aimé le quoi qu’il en coûte Covid ?

Vous aurez le même sur l’énergie, car il n’y a pas le choix.

Au niveau européen cela va nous coûter au moins 2 à 3 000 milliards d’euros pour l’ensemble des pays et des produits dérivés et pour sauver le système financier et éviter qu’il nous pète à la figure.

Nous sommes dirigés par des nuls, qui ne sauront que nous obliger et nous forcer à subir les pénuries.

Pensez à vos stocks de produits de base qui valent peu chers et nécessitent beaucoup d’énergie. C’est par exemple le cas du papier toilette (nous allons vers une nouvelle guerre du PQ, ce sera donc vite la merde), et de tous les produits vendus dans des bocaux en verre par exemple.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

Préparez-vous !


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Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.