Le AAA britannique ne tient plus qu’à un fil

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Par JOL Press Publié le 14 décembre 2012 à 14h15

Après neuf mois de récession et une dette publique à hauteur de 66% du PIB, le Royaume-Uni est sans aucun doute, des douze pays bénéficiant toujours de la note maximale chez les trois principales agences de notation, celui qui semble le plus en difficulté. Jeudi 13 décembre, Standard & Poor’s a modifié la perspective du AAA du Royaume-Uni de « stable » à « négative ». L’agence de notation estime que le pays a « une chance sur trois » de perdre la note maximale au cours des deux prochaines années « si les performances budgétaires et économiques du Royaume-Uni se dégradent au-delà de nos prévisions ».

Ce rappel à l’ordre fait suite au discours d'automne du ministre des Finances britannique George Osborne, prononcé le 5 décembre dernier. Forcé d’admettre que la cure d’austérité devrait durer un an de plus, jusqu’en 2018, parce qu’il ne sera pas en mesure de tenir son objectif de réduction du ratio dette/produit intérieur brut (PIB) à partir de 2015/2016, celui-ci était apparu comme résigné.

À peine sortie de la récession au troisième trimestre, l’économie britannique reste en effet fragile et pourrait même de nouveau se contracter au quatrième trimestre, estime la Banque d’Angleterre. George Osborne a ainsi revu à la baisse les prévisions de croissance officielles : l’économie nationale devrait se contracter de 0,1% en 2012 – contre une précédente prévision de +0,8% en mars – et enregistrer une croissance de 1,2% en 2013 contre 2% attendu jusque-là. Et les prévisions de déficit budgétaire ont, elles aussi, été revues à la hausse. La Commission européenne table sur un déficit de 6,2% du PIB en 2012 et 7,2% en 2013 pour le Royaume-Uni.

Aucune des promesses faites par George Osborne lors de son premier budget après les élections de mai 2010 ne seront donc tenues. Pourtant, celui-ci s’est refusé à changer de cap sur l’austérité : « La Grande-Bretagne est sur la bonne voie et faire demi-tour serait un désastre », avait-il estimé.

George Osborne a estimé, jeudi 6 décembre, que la perte du AAA ne serait « pas une bonne chose », mais, depuis, il n’a cessé de relativiser la portée d’une dégradation de la note souveraine par une ou plusieurs agences de notation. « Nous empruntons en ce moment à des taux parmi les plus bas de l'histoire britannique car quand les gens regardent dans le monde, regardent les pays dans lesquels investir, ils pensent que la Grande-Bretagne est un bon investissement », a-t-il assuré.

L’effet d’une perte du AAA ne serait pas forcément catastrophique. Standard & Poor’s a retiré sa note maximale à la France en janvier 2012, Moody’s a fait de même le 19 novembre et pourtant… Paris emprunte à des taux historiquement bas – au début du mois, le taux d’emprunt français à dix ans est passé pour la première fois de son histoire sous la barre des 2%. Il y a fort à parier que les investisseurs continueraient à considérer le Royaume-Uni comme un investissement sûr et profitable.

C’est plus l’effet politique, l’effet sanction qu’auraient à craindre George Osborne et le Premier ministre David Cameron, déjà particulièrement affaiblis par des divisions au sein de leur propre parti et la rude concurrence des idées populistes, anti-européennes.

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