Période de croissance faible et d'inflation forte pour la Banque mondiale

2,9 %
La Banque Mondiale table sur une croissance de 2,9% en 2022.

Hier je vous parlais de Janet Yellen l’actuelle secrétaire au Trésor aux Etats-Unis et qui était avant la présidente de la FED la banque centrale américaine. Janet Yellen a été forcée, par les faits qui sont têtus, de faire une déclaration dans laquelle elle s’excusait de ses erreurs d’appréciation notamment sur l’inflation qui était tout sauf transitoire, comprenez « temporaire ».

Lorsque j’annonçais une période durable d’inflation forte, c’est tout juste si l’on ne vous taxait pas de complotiste monétaire. Je sais ils n’ont pas encore inventé le complotiste monétaire, mais je suis à peu près certain qu’ils finiront par accuser certains détenteurs de crypto monnaies par exemple de complotistes monétaires.

Et pourtant l’inflation est là.

Bel et bien présente.

Alors hier c’était au tour de la Banque mondiale de se rendre compte que le ciel venait de lui tomber sur la tête.

Pas de mea culpa mais de nouvelles prévisions,  ce qui revient au même sauf que l’on oublie au passage de dire que les prévisions de ces institutions sont toutes aussi nulles les unes que les autres.

C’est un peu comme si les services météo France ne prévoyaient que du beau temps.

Jamais de pluie.

Il ne faut jamais prévoir de mauvaises nouvelles.

Alors ces institutions ne font que de « bonnes prévisions », ce qui est aussi stupide que de n’en faire que des mauvaises d’ailleurs.

Tout le monde sait bien que finalement, la vie, c’est de la pluie et du beau temps. Des nuages, parfois de gros orages, et qu’après viennent les rayons de soleil salvateurs.

Il en va de même pour l’économie.

Mais il est interdit de le dire car annoncer de mauvaises nouvelles c’est parfois déclencher des phénomènes auto-réalisateurs.

Voici ce que nous raconte la Banque mondiale. Source La Tribune ici.

La banque mondiale s’attend à « une période prolongée de croissance faible et d’inflation élevée »

« Conséquences de l’invasion de l’Ukraine par la Russie et des dégâts causés par la pandémie de Covid-19, l’institution de Washington dresse des perspectives économiques sombres. Dans un rapport publié mardi, les économistes de la Banque mondiale révisent à la baisse leur prévision de croissance mondiale pour 2022 et alertent sur la récession qui menace de nombreux pays ».

Les perspectives économiques mondiales sont sombres. La Banque mondiale a annoncé mardi avoir réduit sa prévision de croissance mondiale pour cette année de 1,2 point de pourcentage, à 2,9 %.

Une croissance faible jusqu’à la fin de la décennie.

Je n’ose à peine vous dire que nous ne sommes qu’en 2022 ce qui, vous en conviendrez, n’est que le début de la décennie ! Il nous reste tout de même 8 ans à tirer !

Similitudes et différences avec les années 70

« Au total, la croissance mondiale devrait diminuer de 2,7 points de pourcentage sur la période 2021-2024, soit plus de deux fois la décélération subie entre 1976 et 1979, précise-t-il. Le rapport de la Banque mondiale rappelle aussi que les hausses de taux d’intérêt décidées à la fin des années 1970 pour juguler l’inflation avaient été à l’origine de la récession mondiale de 1982 et d’une série de crises financières dans des pays émergents et en développement.

Si la situation actuelle présente des similitudes avec celle de l’époque, elle offre aussi des différences importantes, parmi lesquelles la vigueur du dollar américain et des prix pétroliers relativement plus faibles, ainsi que des bilans globalement plus solides des grandes institutions financières ».

Au moment où j’écris ces lignes, je contemple le prix du baril de pétrole à plus de 122 dollars le bidon d’or noir, alors qu’en plus le dollar est en hausse ce qui fait pour nous autres Européens du pétrole de plus en plus cher en … euros !

Mais la Banque mondiale trouve que le pétrole n’est pas aussi cher que dans les années 70 ! Bien sûr, et moi, je m’appelle Gertrude !

Une idée de programme génial pour la Banque mondiale.

« Pour réduire les risques, ajoute la Banque mondiale, les autorités politiques et économiques doivent coordonner l’aide à l’Ukraine, contrer la hausse des prix des hydrocarbures et des produits alimentaires, amplifier l’allègement des dettes publiques, renforcer la lutte contre le COVID-19 et accélérer la transition vers une économie « bas carbone », poursuit David Malpass. Le directeur de la Banque mondiale exhorte aussi à éviter les restrictions commerciales, et recommande en même temps de modifier les politiques budgétaires, monétaires, climatiques et d’endettement (…) «pour remédier à l’affectation inappropriée des capitaux» et lutter contre les inégalités ».

Hahahahahahah Yaka Faucon raconter des carabistouilles énormes !

L’aide économique apportée à l’Ukraine n’aura aucun effet ni sur l’inflation, ni sur l’économie mondiale. Si l’on veut aider il faut aider à faire la paix et lever les sanctions contre la Russie. Si nous ne le faisons pas alors les effets vont perdurer. Vous pouvez ne pas le faire, mais il faut dire ce que cela implique.

Il faut aussi « contrer la hausse des hydrocarbures »… et comment les vedettes ? Et bien en mettant un embargo sur le pétrole russe ! Ha, suis-je bête ! C’est sûr, ça va marcher.

Et puis vous savez quoi ? « On va amplifier l’allègement des dettes publiques » ! Hahahahahahahaha, allez, je vous regarde. Entre les chutes de rentrées fiscales, les dettes déjà accumulées, et la hausse des taux, je pense que l’on va bien rigoler.

D’ailleurs le grand mamamouchi de la Banque centrale dispose d’un niveau compétition en mamamoucherie.

Il recommande « en même temps de modifier les politiques budgétaires, monétaires, climatiques et d’endettement (…) « pour remédier à l’affectation inappropriée des capitaux » et lutter contre les inégalités ».

Hahahahahahaha…

Ben oui, moi je voudrais que tout le monde y soit, riche, beau et gentil. Surtout gentil, parce que les méchants, vraiment, c’est pas bien, et les inégalités, c’est caca.

Vous l’aurez compris, le chef de la Banque mondiale vous informe au plus haut niveau et vous dit …. rien.

Strictement rien.

C’est du vide intersidéral.

Alors moi je vais vous dire ce qu’il va se passer.

L’inflation va continuer puisque les causes sont toujours là. La guerre est là, les sanctions sont là et les Chinois ne sont pas contents. Le Covid est là et revient pour la 7ème vague ou la 6ème je ne compte plus. Maintenant nous avons même la variole du singe dans tous les pays qui n’ont pas de singe mais sont membres de l’Otan.

Le pétrole va continuer de monter.

Les taux vont continuer de monter.

Les dettes seront de plus en plus difficiles à payer.

La récession de plus en plus forte, car si l’on indexe les retraites de ceux qui ne travaillent pas, on refuse d’augmenter les salaires de ceux qui bossent.

Les déficits vont donc augmenter.

Au bout du compte parce que nous faisons n’importe quoi, nous obtiendrons une sublime crise monétaire qui sera l’aboutissement d’une vingtaine d’années de politiques économiques absurdes.

Un effondrement c’est un processus et c’est lent au départ, long pendant sa phase de gestation, puis cela s’accélère lorsque l’on atteint certains effets de seuil, puis cela devient irréversible.

Nous connaissons la fin. Moins les délais. Alors mettez ce temps à profit pour construire ou développer votre résilience. C’est important mes amis.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

Préparez-vous !


A découvrir

Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.