Croissance, transparence fiscale et climat : les trois engagements du G20

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Par Jordan Galienne Modifié le 17 novembre 2014 à 15h43

Les chefs d’État et de gouvernement des pays membres du G20 réunis à en Australie, à Brisbane, se sont finalement mis d’accord dimanche 16 novembre sur des mesures visant à relancer la croissance, développer la transparence fiscale et mener une action résolue sur le climat. Et si les deux premiers engagements sont à saluer, celui sur le climat apparaît plus comme un faire-valoir que comme une réelle volonté des pays membres du G20.

Des mesures pour la croissance

« Le G20 a changé de vitesse. Il a défini un agenda de croissance. Les économies du monde vont aller mieux. Notre message est qu’il y a un espoir, qu’il existe un plan d’action et qu’il a été approuvé » a déclaré le Premier ministre australien Tony Abbott après la conclusion de cet accord.

Concernant la croissance, les pays membres du G20, représentant 90 % de l’économie mondiale, se sont fixé un objectif de taille : atteindre une croissance additionnelle de 2,1 % de leurs PIB cumulés d’ici 2018. Cela représente une augmentation des richesses de la planète de 2 000 milliards de dollars associés à des millions de créations d’emplois supplémentaires.

Pour atteindre de tels résultats, les pays membres du G20 vont devoir mettre en place des stratégies nationales de croissance. Ces stratégies reposeront sur plusieurs piliers. Tout d’abord des efforts supplémentaires d’investissement dans les infrastructures seront nécessaires, tout comme des mesures plus libérales telles que la déréglementation du marché des biens et services ou bien la flexibilité accrue des marchés du travail. De plus, un hub d’investissement sera installé à Sydney pour favoriser le partage de bonnes pratiques et augmenter la collaboration entre le public et privé.

La fin du « shadow banking »

Le second engagement fort des pays du G20 porte sur la régulation financière et sur la transparence fiscale. Les chefs d’État et de gouvernement ont insisté sur le besoin de travailler sur le « shadow banking » (la finance de l’ombre).

Les pays se sont aussi engagés pour adopter les dernières mesures du projet de lutte contre l’érosion des bases d’imposition et le transfert des bénéfices (BEPS) mis en place par l’OCDE. Ce projet dresse des mesures relatives aux sociétés-écrans et aux accords fiscaux signés entre les administrations et les multinationales.

Un accord sur le climat en demi-teinte

Finalement, ce qui aura été le plus compliqué c’était d’obtenir un accord sur le climat. Au début des négociations l’Australie, pays organisateur de ce sommet du G20, ne voulait pas voir figurer le climat dans le texte final. Mais l’engagement pris plus tôt dans la semaine par les États-Unis et la Chine sur la réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre l’a forcé à s’y résoudre. Le communiqué du G20 pose le principe d’une « action résolue et effective » sur le climat dans la perspective de la Conférence de Paris prévue pour décembre 2015.

Nous pouvons surement saluer les mesures prises sur la croissance et sur la transparence fiscale, mais force est de constater que les quelques lignes sur le climat ne sont présentes uniquement que pour la forme, car aucune mesure réelle n’a été prise. Tout cela ne fait que renforcer les nombreux espoirs qui reposent sur la Conférence de Paris 2015.

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Jordan Galienne est auditeur dans un grand cabinet de conseil économique. Souvent en déplacement aux quatre coins de l’Europe, il s’intéresse aux opportunités d’investissement et identifie les risques associés aux pays les plus prometteurs.  

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