Les médecins en grève illimitée

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Par JOL Press Modifié le 12 novembre 2012 à 15h01

Ce lundi 12 novembre est frappé par une grève de nombreux médecins qui souhaitent une hausse de leurs tarifs. L’affaire semblait pourtant entendue entre le gouvernement et les blouses blanches après la signature d'un récent accord entre syndicats de médecins et Sécurité sociale sur l'encadrement des dépassements d'honoraires. Un accord qui ne semble pas convenir à tout le monde.

Le 23 octobre dernier, un accord était signé entre l'Assurance-maladie et par les trois premiers syndicats de médecins libéraux, généralistes et spécialistes (CSMF, SML, MG France) afin d’encadrer le dépassement d’honoraires : cet accord interdit les praticiens d’exiger plus de 150% du tarif de base de la Sécurité sociale, sous peine de sanctions. Si l’accord paraissait convenir aux médecins, les chirurgiens des cliniques privées et les internes des hôpitaux publics contestent toujours la volonté du gouvernement de limiter leurs honoraires. 70% des cliniques, soit plus de 700 établissements, devraient se joindre au mouvement.

De nombreux cabinets et blocs opératoires resteront donc fermés toute la journée de lundi 12 novembre pour une grève illimitée, mais le mouvement ne compte pas s’arrêter là. Les multiples initiateurs, pas moins de 25 syndicats et coordinations, ont organisé une grandemanifestation à Paris, ce mercredi 14 novembre.

Une mobilisation que le gouvernement ne veut pas surestimer. Pour Marisol Touraine, « cet accord est bon pour les patients qui pourront, grâce au contrat d'accès aux soins, être mieux remboursés par l'assurance-maladie. Il est bon pour les médecins, dont le remboursement de certains actes par l'assurance-maladie va augmenter de 8% sur trois ans », a déclaré la ministre des Affaires sociales, dans une interview au Parisien/Aujourd'hui en France de ce lundi 12 novembre. Et d’ajouter : « Je voudrais dire très fortement aux internes, à qui certains expliquent que leur liberté d'installation serait remise en cause, qu'il n'en est rien. Le gouvernement n'a jamais eu et n'a pas la moindre intention de remettre en cause ce principe important pour la médecine française qui est celui de la liberté d'installation des médecins à l'issue de leurs études », a-t-elle déclaré sur RTL ce dimanche 11 octobre.


À l’origine du mouvement, le Bloc, syndicat des chirurgiens. Son président, Philippe Cuq, demande un relèvement du plafond de remboursement des actes chirurgicaux. Selon lui, le but de l’accord signé avec l'Assurance-maladie « était de traiter les abus, mais cet accord ne correspond pas aux pratiques ».

Dans un entretien accordé au Huffington Post, il explique pourquoi il est important de faire grève : « Le taux de dépassement de 150% est très souvent dépassé par les chirurgiens. Alors oui, la situation économique est difficile et nous le comprenons, mais là n'est pas la question. Car d'autres choses sont très bien remboursées comme par exemple les statines, des médicaments contre le cholestérol, pour lesquels l'Assurance maladie donne chaque année un milliard par an. Alors que les compléments d'honoraires de toute la chirurgie, en France, c'est 440 millions par an. »

Ce lundi 12 novembre, dans l'émission « Les 4 Vérités » sur France 2, Jérôme Marty, président de l'Union française de la médecine libre (UFML), expliquait la colère et le découragement des médecins : « Quand vous avez dans la rue, à la fois, les internes, le secteur public, le secteur privé, il faut que le gouvernement y prête une attention très importante. On ne peut pas accepter aujourd’hui qu’un médecin français soit au plus bas de l’échelle européenne ».

Le bras de fer a donc commencé avec le gouvernement. Si des opérations déjà programmées seront annulées, les urgences, quant à elles, seront prises en charge à l’hôpital.

Article initialement publié chez notre partenaire JOL press

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