Dette publique : à partir de 2015, l’Allemagne n’empruntera plus d’argent

Cropped Favicon Economi Matin.jpg
Par Laure De Charette Modifié le 13 mars 2014 à 3h06

Il y a les pays qui, comme la France, doivent emprunter toujours plus de milliards d'euros sur les marchés pour se financer (au moins 173 milliards en 2014). Et ceux qui, comme l'Allemagne, ont un budget suffisamment équilibré, c'est-à-dire avec des recettes couvrant les dépenses engagées, qu'ils n'ont plus besoin de souscrire des emprunts pour régler les factures. Chapeau !

Depuis 1969, l'Allemagne a besoin d'emprunter de l'argent

C'est du moins ce qu'a annoncé le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble : il ne compte pas lever de nouvelle dette en 2015 (ni en 2016, ni en 2017 !). Ce serait la première fois depuis près de cinquante ans que le pays vivrait sur ses fonds propres !

Et pour cause : le gouvernement d'Angela Merkel a présenté un projet de budget pour 2014 sans aucun déficit structurel. Pas de « trou » de la sécu, ni de « trou » du système des retraites... Incroyable !

Un excédent budgétaire de 200 millions d'euros est même prévu pour 2015, ce qui signifie qu'ils prévoient de gagner plus d'argent qu'ils n'en dépenseront l'an prochain. Une situation qui, à l'échelle d'un ménage, parait censée, mais qui, à l'échelle d'un pays, est rarissime.

Arrêter de dépenser plus que ce qu'on gagne

« Nous arrêtons de dépenser plus que ce que nous gagnons et mettons l'accent dans le même temps sur les investissements d'avenir », a ainsi précisé Wolfgang Schäuble. C'est bien le premier pays d'Europe à être capable d'en faire autant !

La France, elle, a beau réitérer sa promesse de réduire son déficit de 3,6% en 2014 à 3% en 2015, la partie est loin d'être gagnée. Ce qui signifie qu'avec de gros trous dans les comptes, elle doit se résoudre à emprunter de l'argent, comme n'importe quelle famille qui dépense plus qu'elle ne gagne, auprès des banques...

Reste que, faute d'emprunts, l'Allemagne ne pourra notamment pas réaliser de grands investissements, destinés par exemple à moderniser ses infrastructures. Or certaines d'entre elles auraient besoin d'un sérieux lifting. Ce que l'opposition ne manque pas de souligner...

Cropped Favicon Economi Matin.jpg

Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.

Laisser un commentaire

* Champs requis