Comment améliorer le système scolaire français ?

Par Vincent Chriqui Modifié le 30 janvier 2013 à 10h35

L’élévation, depuis un demi-siècle, du niveau de formation de la population française, et la démocratisation qui s’en est ensuivie, s’accompagne de phénomènes persistants :

- Le maintien d’un niveau trop important de jeunes en difficulté : selon l’enquête emploi, 17 % des jeunes achèvent leurs études secondaires sans diplôme et, selon l’IGEN, le système scolaire français « produit 50 % à 60 % d’élèves dont les résultats sont satisfaisants ou très bons, 20 % à 30 % dont les résultats sont insuffisants et 15 % à 20 % en grand difficulté scolaire ».

- La persistance de fortes inégalités entre les élèves : selon les évaluations nationales et internationales, un enfant de cadre obtient plus souvent le baccalauréat qu'un enfant d'employé ou d'ouvrier : 84 % contre 55 % : ce score est moins bon que la moyenne de l’OCDE.

- Par ailleurs, ces études soulignent une dégradation de cette situation ; Pisa notamment montre une augmentation des jeunes en difficulté de lecture (de 15,2 % à 19,7 % entre 2000 et 2009), et une dégradation globale de la performance en compréhension de l’écrit de 9 points.

D’autres travaux soulignent que, malgré un taux dans la moyenne d’élèves heureux à l’école, une part non négligeable n’estiment pas être de bons élèves, n’apprécient pas leurs camarades, n’estiment pas être traités justement. Or, ces éléments influent à la fois sur les résultats scolaires, mais aussi sur la santé des enfants.

L’école française, par rapport à d’autres systèmes, se caractérise par sa relative uniformité sur le territoire (malgré quelques programmes de renforcement de moyens), son degré relativement élevé de compétition précoce, son attention particulière à la pédagogie, son taux élevé de redoublement et son absence de choix net pour la stratégie de scolarisation de certains publics, comme les enfants porteurs de handicap. L’observation d’autres systèmes scolaires et de leurs évolutions permet d’apporter des idées dans plusieurs domaines :

- la vie scolaire : l’importance accordée à l’ambiance scolaire, de la question du harcèlement à celle des espaces physiques

- les méthodes d’apprentissage : l’Ocde préconise un faible taux de redoublement ; par ailleurs, d’autres pays appliquent des pédagogies plus collaboratives, et pratiquent des orientations plus tardives et plus partagées

- l’autonomie des établissements : la plupart des pays européens ont développé depuis vingt ans une autonomie, sous conditions, des établissements

- la prise en compte des besoins particuliers de certains enfants

Vincent Chriqui est le Directeur général du Centre d’analyse stratégique.  

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