Ecotaxe : le fond, la forme

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Par Marc Albert Chaigneau Publié le 10 décembre 2013 à 19h47

Nous sommes très nombreux à nous sentir une fibre écologique, à nous interroger sur le réchauffement climatique, a être alertes par la pollution et les masses de déchets qui vont submerger les océans, a culpabiliser pour les centaines de milliers de tonnes de déchets radioactifs que produisent les apprentis sorciers du nucléaire. En fait, nous sommes tous plutôt favorables à une ≪ écotaxe ≫ qui inciterait à réduire la pollution. Dans le fond.

L’ ≪ écotaxe ≫, conçue et mise en place par le précèdent gouvernement, soutenu, pour assurer la continuité de l’état, par le nouveau, fait pourtant l’unanimité contre elle. Sa ≪ suspension ≫, passe pour de la provocation pure. Le gouvernement, la haute administration qui a conçu et mise en place ce projet, ne comprennent pas pourquoi. Cela leur semble incohérent.

En quoi cette écotaxe est‐elle choquante ? Inacceptable ? Intolérable ?

Des frais d’encaissement, de recouvrement, de 2 ou 3 %, semblent normaux. Lorsqu’ils atteignent 5 %, chacun suspecte soit l’incompétence, la mauvaise gestion, soit la corruption, voire les deux. Que des politiques, des hauts fonctionnaires, puissent ne pas se rendre compte, que des frais de recouvrement de 20 % sont définitivement intolérables par un contribuable, prouve seulement qu’ils ont perdu tout contact avec la réalité. Qu’ils vivent sur une autre planète que leurs concitoyens. Il est évident que la chose ne les laisse indifférents, comme pour la plupart de leurs décisions, que parce qu’ils savent qu’ils n’y seront jamais soumis. Que tous ceux qui savent que d’une façon ou une autre, à un moment ou un autre, ils pourront être soumis à un système aussi inique, ne peuvent que crier leur indignation. Pour la forme.

Ne faut‐il pas avoir perdu le sens des réalités pour rétablir les ≪ fermiers généraux ≫ ? Donner la ferme a un étranger ? Prévoir un investissement d’UN MILLIARD d’EUROS pour des équipements parfaitement inutiles, sauf pour contrôler une taxe dont l’efficacité est loin d’être prouvée contre les abus des transporteurs étrangers et risque de mettre à mal bon nombre de petites entreprises françaises ?

Et de toute façon, les indemnités de résiliation des contrats, même les menus frais et commissions divers, seront payes par le contribuable dans tous les cas, comme pour le Crédit Lyonnais. La démocratie parlementaire n’est‐elle pas le meilleur des mondes possibles ?

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Marc Albert Chaigneau a été conseil de sociétés et avocat d'affaires, puis responsable juridique pendant 35 ans. De 1974 à 1998, il procède ainsi à des centaines d'analyses de sociétés, les suivant depuis la création jusqu'à la liquidation, en passant par les fusions, cessions, restructurations. Cette expérience l'a conduit à analyser méticuleusement la société dans laquelle nous vivons. Son dernier essai De la révolution à l'inversion*, publié en janvier 2014 aux éditions Edilivre propose un nouveau projet de réforme de la société. Un modèle préférable à la révolution en ce qu'il ne nécessite ni violence, ni destruction, mais seulement l'inversion d'un certain nombre de nos comportements. Inverser les comportements, pour cela inverser les raisonnements, les analyses, les rapports personnels et professionnels en se basant sur le principe de subsidiarité. Avec cet ouvrage, l'auteur nous donne les clefs pour la mise en œuvre d'une véritable démocratie : la démocratie directe, dont beaucoup avaient rêvé, mais à laquelle ils avaient renoncé, la croyant impossible à mettre en œuvre. Il nous montre comment elle serait accessible, mais nous prévient qu'elle ne le sera jamais qu'à des citoyens responsables.  

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