Embargo sur le pétrole russe : couper les assurances comme prochaines sanctions ?

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Par Paul Laurent Modifié le 2 juin 2022 à 17h00
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116,48 dollarsLe baril de Brent est, début juin 2022, à 116,48 dollars.

La sanction européenne d’imposer un embargo sur le pétrole russe ne devrait pas poser trop de soucis économiques, mais faire pression sur les assurances pourrait être plus contraignant pour la Russie.

Vente de pétrole à l’Inde et à la Chine

Avec le déclenchement de la guerre entre l’Ukraine et la Russie, les prix du pétrole se sont envolés. Pour manifester son mécontentement vis-à-vis de l’invasion de l’Ukraine, l’Union européenne a imposé de nombreuses sanctions économiques à la Russie. Parmi ces sanctions, lundi 30 mai 2022, l’Union européenne a décrété un embargo sur le pétrole russe acheminé par voie maritime. Cette décision laisse craindre une nouvelle augmentation des prix du baril.

Les conséquences économiques de ce choix risquent d’être plus lourdes pour l’Union européenne que pour la Russie. En effet, l’importation de pétrole russe en Europe est encore possible mais seulement par oléoducs. L’Europe sera donc contrainte d’acheter le pétrole dont elle a besoin plus cher qu’auparavant. En outre, la Russie peut désormais vendre de gros volumes à d’autres partenaires commerciaux comme la Chine et l’Inde qui sont prêts à payer pour recevoir du pétrole russe. Ainsi, la sanction, qui est d’imposer un embargo européen sur l’or noir russe, risque de ne pas avoir beaucoup d’effet sur l’économie russe.

Couper les assurances

Cette sanction décidée le 30 mai 2022 va multiplier le nombre de bateaux empruntant les routes maritimes, et risque, en outre, de faire augmenter le coût des matières premières. Pourtant, un levier de pression est encore envisageable par l’Union européenne pour porter un grand coup à l’économie russe : interdire aux assurances occidentales d’assurer des navires russes. Or, la plupart des assurances pour les navires sont occidentales. Pour pouvoir naviguer, les pétroliers doivent être assurés et s’ils ne le sont pas, ils ont interdiction de prendre la mer.

Pour Lars Barstad, directeur de Frontline, spécialiste du transport de pétrole brut et produits raffinés, « cela serait un obstacle très important pour l'export de pétrole Russe », a-il indiqué dans le Wall Street Journal. En effet, si cette sanction est prise par l’Union européenne, « cela peut conduire à une mise à l'arrêt de navires ».

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