Emissions de gaz à effet de serre : la Chine a-t-elle les moyens de ses ambitions ?

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Par Hector Trudel Modifié le 29 novembre 2022 à 10h08

Mercredi 12 novembre à Pékin la Chine s’est engagée à plafonner ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030 en marge du Forum de coopération économique pour l’Asie-Pacifique (APEC). Pour beaucoup cette annonce a été jugée réaliste, voire même comme manquant d’ambition. Néanmoins, tous se demandent ce que va bien faire la Chine pour limiter ses émissions.

« Les attentes que nous avons vis-à-vis de la Chine et des États-Unis, dont l’évolution des émissions conditionne la réponse globale au changement climatique, sont clairement plus importantes » a déclaré dans un communiqué du 12 novembre Li Shuo, le responsable de la campagne sur le climat pour Greenpeace en poste à Pékin. Rappelons que le niveau de la pollution de l’air en Chine, et particulièrement à Pékin, est devenu incontrôlable « à moins d’obliger tout le monde à partir en vacances » ironise Song Guojun, le directeur de l’Institut de politique environnementale de l’Université du peuple à Pékin. Cela a d’ailleurs été le cas lors du sommet de l’APEC quand des vacances forcées ont été accordées aux salariés.

L’utilisation du charbon doit être maitrisée

Rien n’est perdu cependant et la Chine peut encore espérer changer les choses en se concentrant notamment sur le contrôle de l’utilisation du charbon. Aujourd’hui, le charbon assure environ 65 % des besoins énergétiques de la Chine. C’est pour cela que les autorités chinoises risquent fortement de mettre en place un plafond de consommation dès le prochain plan quinquennal devant entrer en action en 2016. Ce plan sera élaboré d’ici à la fin de l’année et permettra de mesurer l’ambition des politiques antipollution.

Actuellement, ce ne sont pas moins de 4 milliards de tonnes de charbon qui sont consommées tous les ans en Chine et ce chiffre devrait progresser d’ici à 2020 pour atteindre les 4,8 milliards de tonnes. Le président Xi Jinping a d’ailleurs mis en place des mesures de « guerre contre la pollution ». Six provinces et municipalités chinoises choisies parmi celles qui consomment le plus de charbon se sont engagées sur une réduction en valeur absolue de leur consommation d’ici à 2017.

Pour Greenpeace ça ne suffit pas

« Ces mesures de contrôle doivent permettre une réduction de 350 millions de tonnes de la consommation de charbon d’ici à 2017 et 655 millions de tonnes d’ici à 2020. Soit l’équivalent d’une réduction des émissions de CO2 de 700 millions de tonnes pour 2017 et de 1 300 millions pour 2020 ». C’est ce qu’a conclu Greenpeace-Pékin qui a d’ailleurs remarqué que le recours aux énergies renouvelables commence à décoller en Chine.

Une question reste en suspens. Même si pour certains comme Greenpeace cet engagement peut manquer d’ambition, l’effort consenti cette année pourrait-il être plus important ? En effet, depuis cette annonce Pékin rencontre beaucoup de résistances à ce projet et particulièrement dans les régions très dépendantes sur un plan économique du charbon. De plus, le passage aux énergies renouvelables et à de nouvelles sources d’énergie doit se faire sans accros. Car même si les capacités en énergie renouvelable augmentent très rapidement en Chine, il s’agirait qu’elles puissent alimenter les réseaux de manière régulière. Un tout autre défi auquel la Chine doit se préparer.

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Consultant en immobilier d'entreprise axé développement durable, Hector Trudel réalise des veilles réglementaires et technologiques afin d'optimiser ses conseils en stratégie environnementale et optimisation immobilière auprès de grands groupes internationaux.

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