La vérité sur les emplois à domicile, services du quotidien

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Par Eric Charpentier Modifié le 2 novembre 2012 à 7h34

L’Assemblée nationale vient de voter la suppression du "forfait" qui permettait aux particuliers qui avaient recours à un emploi à domicile de cotiser sur une base forfaitaire indexée sur le SMIC.

Plus simplement, quand vous aviez une femme de ménage payée au delà du SMIC net, les cotisations sociales restaient calculées sur la base de SMIC. Un avantage qui, sans trop pénaliser le salarié, permettait de payer un salaire net plus avantageux que le SMIC, sans trop coûter au particulier employeur. Avec sa suppression, et malgré un ultime amendement à l’Assemblée nationale pour instaurer un abattement de charges sociales, c’est tout le secteur des services à la personne qui s’inquiète de son avenir en brandissant le risque du retour au travail dissimulé.

Mais, au delà des avantages fiscaux et sociaux, ce qui m’intéresse tout particulièrement c’est de savoir comment aujourd’hui les services entre particuliers (terme plus large que les services à la personne), s’inscrivent dans un mouvement de fond d’une économie du partage et collaborative.

De nouveaux modèles s’installent en s’appuyant sur des services internet qui cultivent le partage de nos biens comme "Airbnb" pour son appartement, "Buzzcar" pour louer sa voiture, le co-working pour partager ses bureaux. On peut même partager son potager avec "PreterSonPotager.com". La consommation collaborative s’installe durablement dans nos modes de consommation. Alors pourquoi les services entre particuliers ne s’inscrivent pas plus dans ces nouveaux usages ?

Monter le meuble Ikea de son voisin, confier sa corbeille de linge à repasser, garder le chat de la voisine partie en week-end... Tous ces services du quotidien qui font les vies de quartier peinent à trouver un modèle de consommation collaborative. Mais en même temps le champs des possibles s’élargit : vous partez en week-end dans un appartement "Airbnb" avec la voiture louée à votre voisin sur "Buzzcar", tandis que votre voisine s’occupe de repasser votre linge avec "Payname"…

Et si les services entre particuliers tardent à s’insérer dans la chaine de la consommation collaborative c’est souvent par la perception d’une complexité administrative. Pourtant ce marché est énorme, car si l’on considère qu’il y a aujourd’hui 3 millions de personnes dans les services entre particuliers, c’est uniquement en considérant les services déclarés. Louer un appartement à un particulier à l’autre bout du monde est plus simple que de payer la voisine bien aimable qui toutes les semaines vous débarrasse de la corbeille de linge à repasser.

Bien sûr, il y a la possibilité de passer par des enseignes spécialisées dont la plus value, pour des tarifs souvent excessifs, reste à démontrer tant ces services s’inscrivent dans la proximité. Celui qui vous rend service est bien plus important que l’enseigne qui vend le service. Non, une fois réglée la question des avantages fiscaux et sociaux, les services entre particuliers pourront réellement se développer dans un nouveau écosystème poussée par la consommation collaborative avec des outils et des services simplifiant l’usage.

Dès lors, faire garder son chat, faire poser une étagère ou faire repasser sa corbeille de linge deviendront des services du quotidien réalisés par votre réseau social de quartier, en toute sécurité et en préservant les avantages de chacun (la protection sociale de celui qui rend service, et l’avantage fiscal de celui qui profite du service). Notre projet de consommation de collaborative de services pourrait se traduire par "dans un monde de partage, il n’y a pas de petits services".

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Eric Charpentier est le fondateur (avec Nadia Arouch) de la startup Qobbo.com incubée par la région Midi-Pyrénées. A 38 ans, et déjà fondateur de la startup dWého, il dispose d'une solide expérience dans la création et la gestion de services internet. 

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