Les entreprises font face à une corrélation croissante des risques

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Par Thierry Van Santen Modifié le 29 novembre 2022 à 10h11

Selon un sondage mené dans le cadre du troisième Baromètre des risques d'Allianz auprès de plus de 400 experts en assurance grands comptes dans 33 pays, la perte d'exploitation, l'interruption de la chaîne logistique, les catastrophes naturelles, et les incendies/explosions restent les principaux risques au centre des préoccupations des entreprises en ce début d'année 2014.

L'enquête met en évidence la complexité croissante des risques des entreprises et notamment une combinaison des nouveaux risques technologiques, économiques et réglementaires, ce qui crée potentiellement une menace systémique pour les entreprises. D'après Allianz, les entreprises peuvent relever ces défis grandissants par le biais de contrôles internes plus solides, combinés à une approche holistique de la gestion des risques.

Selon Axel Theis, PDG d'Allianz Global Corporate & Specialty SE (AGCS), l'année 2014 sera également cruciale pour les entreprises en ce qui concerne la gestion de la menace posée par l'émergence de nombreux risques garantis. En effet, il explique : « Pour les Risk Managers, l'identification de l'impact de la corrélation entre les différents risques est une priorité absolue. Les plans de continuité d’activité actuels doivent être conçus pour traiter des scénarios de risques de plus en plus variés qui doivent eux-mêmes refléter des répercussions parfois cachées. Par exemple, une catastrophe naturelle peut entraîner des risques comme une perte d'exploitation, une défaillance des systèmes électroniques ou encore des pannes d'électricité. »

Dans son Baromètre des risques 2014, Allianz souligne que les entreprises sont plus que jamais concernées par les risques d'atteinte à la réputation et les cyber-risques. Dans une période de faible performance économique prolongée, elles craignent également davantage la stagnation ou le recul du marché et, en particulier dans les marchés en expansion, la pénurie des talents.

Ces résultats démontrent l'importance de la gestion de la qualité pour les entreprises françaises : dans un environnement de plus en plus compétitif, les problèmes liés à la qualité constituent une réelle menace pour la rentabilité qui peut être amplifiée par l’impact que cela engendre sur la réputation.

Les deux risques principaux génèrent les pertes les plus importantes

Les pertes d'exploitation et les interruptions de chaîne logistique atteignent environ 50 à 70 % de tous les dommages aux biens assurés, soit 26 milliards d'USD selon les données de l'année 2013. Comme dans le Baromètre des risques de l'année dernière, elles représentent le premier sujet d'inquiétude pour les entreprises du monde entier, notamment en Australie, au Brésil, en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et aux États-Unis.

« À l'heure où les chaînes logistiques deviennent de plus en plus complexes dans un monde d'approvisionnement international, toute perturbation – due par exemple à des catastrophes naturelles, coupures informatiques/des télécommunications, des problèmes de transport, la faillite d'un fournisseur ou des troubles sociaux – peut induire un effet boule de neige, » explique Paul Carter, Directeur mondial de la prévention, AGCS. Le plan de continuité de l’activité est déterminant et devrait faire partie de la procédure d’achat et de sélection de fournisseurs de toute société. Cependant, pour assurer la mise en place de mesures de réduction des risques appropriées, il ne vous suffit plus de connaître vos fournisseurs « majeurs », vous devez également savoir de quelle façon ils gèrent l'exposition de leur propre chaîne logistique.

Tandis que la perte d'exploitation reste la menace la plus importante pour les grands groupes, les entreprises de taille moyenne ont tendance à être plus préoccupées par les incendies et explosions, l'impact des mesures d'austérité et la disponibilité du crédit.

Les pertes assurées découlant des catastrophes naturelles, soit le risque qui se situe en deuxième position, sont encore plus coûteuses que les dégâts causés par la perte d'exploitation puisqu'elles se montent à environ 38 milliards d'USD en 2013 (Sources : Swiss Re). Un an plus tôt, en raison d'une saison des ouragans particulièrement dévastatrice, elles s'élevaient même à 75 milliards d'USD.

Cyber-risques et autres risques émergents liés de premier plan

Selon les experts d'Allianz, les risques faisant l'objet de la plus grande prise de conscience en 2014 sont les cyber-risques et ceux qui concernent les atteintes à la réputation. Les cyber-risques ont opéré la plus forte progression dans le Baromètre des risques de cette année, passant du quinzième rang au huitième, tandis que les atteintes à la réputation sont passées du dixième au sixième.

De nombreux risques figurant dans le top 10 du Baromètre des risques sont étroitement liés à un effet cumulatif potentiel, en particulier les modifications de la législation, les cyber-risques et ceux liés aux atteintes à la réputation.

Pour combattre la cyber criminalité organisée en plein essor, la sécurité informatique n'est pas suffisante. Les entreprises doivent avoir recours à un ensemble de politiques et de procédures approuvées par le conseil d'administration et mises en place autour du matériel, de la formation et de la protection de logiciels. Les procédures doivent être testées et mises à jour. « Et pourtant, même avec la meilleure politique de gestion des risques possible, les entreprises ne seront jamais à 100 % à l'abri des problèmes d'infrastructure informatique, des défaillances des process internes ou des cyber-attaques. Chaque société doit décider si elle préfère prendre en charge elle-même ce risque ou le transférer en prenant une police d'assurance contre les cyber-risques, » a déclaré Nigel Pearson, directeur mondial Fidelity (incluant les cyber-risques) chez AGCS.

Des différences régionales variables sur l'appréciation des risques d'entreprises

En Europe, le Baromètre des risques montre que les entreprises sont beaucoup plus confiantes vis-à-vis de l'avenir de la zone euro qu'il y a 12 mois. Cependant, de nombreux pays restent inquiets quant à l'impact des programmes d'austérité : par exemple, c'est désormais le premier risque en Espagne et au Portugal.

Le risque d'atteinte à la réputation ou à la valeur de la marque a opéré la plus forte progression dans le top 10 des risques de la région des Amériques (il est passé du 8ème rang en 2013 au 4ème en 2014), mais les craintes concernant la pénurie des talents sont également notables dans cette région puisqu'elle concerne l'Asie-Pacifique.

Suivant une tendance de longue date aux Amériques et en Europe, l'Asie-Pacifique est actuellement de plus en plus inquiète des modifications de la réglementation, par exemple avec l'introduction d'une législation plus stricte contre la hausse de la pollution environnementale.

Tendances de l'industrie : la modification de la réglementation inquiète les secteurs des services financiers et de l'électricité

Ce qui inquiète le plus le secteur des Risques Techniques et de la construction est l'impact des catastrophes naturelles et le risque d'interruption de la chaîne logistique/de perte d'exploitation. De plus, il est l'un des seuls secteurs à considérer que la disponibilité du crédit constitue l'une des cinq plus grandes préoccupations. Pour le secteur manufacturier, le risque logistique et de perte d'exploitation représente la préoccupation principale (puisqu'il est cité par 60 % des sondés) et l'interruption de la chaîne logistique est jugée comme particulièrement difficile à gérer pour les industriels compte tenu de la demande mondiale pour les matières premières et de la concurrence.

La modification de la législation est le risque majeur pour le secteur de l'énergie et des services publics. Le risque de perte d'exploitation ou d'interruption de la chaîne logistique arrive en deuxième place et les pannes d'électricité en troisième.

Après les catastrophes naturelles, le vol, la fraude et la corruption constituent la deuxième crainte principale du secteur des activités et du transport maritimes (qui inclut les opérateurs de marchandises). Le vol, et particulièrement la fraude interne, représente également une menace importante dans le secteur des transports.

Quant au secteur de l'aviation, il voit grandir l'inquiétude de l'impact que pourrait avoir une cyber-attaque à grande échelle, en particulier si l'on considère le monde interconnecté des systèmes de réservation et des données de clients. La cybercriminalité a également été identifiée comme un risque émergent rapidement pour le secteur des services financiers. Néanmoins, les modifications de la réglementation restent la préoccupation numéro un du secteur, en réponse à la hausse des interventions de contrôles dans le monde entier à la suite de la crise financière.

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  Responsable de la succursale en France d’Allianz Global Corporate & Specialty SE De formation juridique, il a débuté sa carrière chez FACTORY MUTUAL INTERNATIONAL à Paris en qualité de Chargé de Clientèle Grands Comptes avant de créer en 1988 la Direction Gestion des Risques du Groupe VALEO, un des plus importants équipementiers automobile mondial.   En 1993 il rejoint le Groupe BSN, qui deviendra par la suite le Groupe DANONE, 3ème Groupe agro-alimentaire européen pour y créer la Direction de la gestion des risques, regroupant l’assurance, la prévention des risques et la Gestion Global des Risques (ERM). Il a rejoint Allianz Global Corporate & Specialty en janvier 2009.   Thierry van Santen a été également Président de l’Association pour le Management des Risques et des Assurances de l’Entreprise (AMRAE) de 1992 à 1998 puis Vice-président et Président du FERMA (Federation of the European Risk Management Associations) de 1999 à 2005, et enfin Directeur des Affaires Européennes de la Fédération jusqu’à décembre 2008.   Il a été aussi Vice-président de l’IFRIMA (International Federation of the Risk Management Associations) entre 2002 et 2005.   Thierry van Santen a été élu “Risk Manager de l’année” en 1990 (Journal de l’assurance), puis “European Personality of the year” en 1999 (Strategic Risk) et enfin “European Risk Manager of the year 2008” (Business Insurance).   Il a également été Administrateur puis Président du Comité d’Audit de la Caisse Centrale de Réassurance (CCR) entre 2006 et 2010

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