Espionnage industriel : Uber au courant du vol chez Google ?

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 23 juin 2017 à 5h57
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700 MILLIONS $Uber aurait perdu plus de 700 millions de dollars au premier trimestre 2017.

L’affaire qui oppose la filiale spécialisée dans la voiture autonome d’Alphabet, Waymo, à Uber, la start-up spécialisée dans les VTC, vient de prendre un nouveau tournant. Désormais Alphabet et Waymo accusent Uber d’avoir été au courant du vol de technologies réalisé par le fondateur d’Otto, entreprise spécialisée dans les camions autonomes rachetée par Uber.

Anthony Levandowski : l’ex-ingénieur Google au centre de l’affaire

Uber n’a pas volé de technologies à Google : ce serait Anthony Levandowski qui l’aurait fait. Ce dernier était un ancien ingénieur de Google (à l’époque Waymo n’était pas une filiale à part entière) travaillant sur la voiture autonome. Lorsqu’il quitte l’entreprise pour fonder la start-up Otto, spécialisée dans les camions autonomes, il aurait emmené avec lui des dizaines de milliers de documents.

Ces documents, selon Google, lui auraient permis de créer Otto qu’Uber a rachetée pour 500 millions de dollars. En mai 2017, après que le scandale du vol de documents ait éclaté, Uber a licencié Anthony Levandowski mais le mal était fait : Waymo vait déjà porté plainte contre Uber pour vol de documents.

Travis Kalanick aurait été au courant du vol

Désormais, Alphabet et Waymo accusent Travis Kalanick, ancien PDG et fondateur d’Uber qui vient d’être écarté de la tête de son entreprise ce mois de juin 2017, d’avoir été au courant. Selon les nouveaux éléments apportés par Alphabet, la maison-mère de Google et Waymo, au procès, Anthony Levandowski aurait prévenu Travis Kalanick en mars 2016 du vol des documents chez Google.

Kalanick lui aurait tout simplement dit de tout détruire et que son entreprise ne voulait pas de documents qui seraient la propriété de Google, bien évidemment afin d’éviter une plainte pour vol de propriété intellectuelle.

Après cet échange, qu’Uber devra apporter au procès, Levandowski a déclaré à Kalanick avoir tout détruit. Si tel est le cas et qu’Uber réussi à prouver qu’un de ces documents n’est arrivé au sein de son entreprise, Uber pourrait sortir blanchi de l’affaire.

Il reste toutefois à savoir si l’enquête, menée par Uber sur Otto avant l’acquisition, a dévoilé l’utilisation de technologies de Waymo au sein des projets de l’entreprise. Les juges ont demandé à Uber de fournir les résultats de cette enquête réalisée par le cabinet Stroz Friedberg. Uber a initialement refusé de fournir ces documents mais les juges l’y ont obligé.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio