SNCM : la BPI et la Caisse des Dépôts vont financer deux nouveaux bateaux

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Par Laure De Charette Modifié le 10 janvier 2014 à 5h34

Décidément, l'Etat ne veut pas laisser couler la compagnie... Alors que les marins de la Société nationale Corse Méditerranée (SNCM) étaient en grève depuis plus d'une semaine, ils vont reprendre le travail. Pourquoi?

La BPI va aider au financement de deux navires, pour commencer

Car le gouvernement, qui tente désespérément de trouver une issue favorable pour que l'entreprise survive malgré ses grosses difficultés économiques, s'est engagé à leur donner un sérieux coup de pouce.

D'une part, il a confirmé que la flotte va bel et bien être renouvelée. Sans cela, la compagnie, qui a déjà perdu des parts de marché importantes –entre 2000 et 2012, elles ont fondu de 82% à 34%, sur le trafic entre les ports français continentaux et la Corse- ne peut soutenir la concurrence : il lui faut des bateaux neufs, quatre précisément, pour se remettre à jour et assurer des rotations supplémentaires entre la Corse et le continent, notamment l'été.

Qui va payer ces navires, sachant que l'actionnaire majoritaire, Veolia Transdev (à hauteur de 66% du capital) et les salariés, actionnaires (à hauteur de 9%) n'ont pas le premier sous ou pas l'intention de les débloquer pour acheter des bateaux ? L'Etat, pardi ! Après tout, il est encore actionnaire à hauteur de 25% de cette entreprise autrefois publique, privatisée en 2006.

Un coup de pouce à 600 millions d'euros

Précisément, c'est, comme l'a annoncé le ministre des Transports Frédéric Cuvillier, la Banque Publique d'investissement (BPI) et la Caisse des Dépôts (actionnaire de la SNCM via Transdev, sa filiale commune avec Veolia) qui vont financer l'achat de ces navires plus performants. De deux bateaux, dans un premier temps.

Difficile de savoir combien coute chacun de ces bateaux. On sait qu'en 2008, la SNCM a revendu l'un de ses bateaux, le Jean Nicoli, pour la somme de 110 millions d'euros, et qu'en 2009, elle a acheté le Pasiphae Palace pour 75 millions d'euros. Certains estiment l'achat des quatre navires à environ 600 millions d'euros.

La BPI, dotée de 42 milliards d'euros, a pour objectif de soutenir l'activité des PME françaises via des prêts, des prises de participation et des garanties. Son directeur général, Nicolas Dufourq, avait promis que les deniers de l'Etat ne seraient pas investis dans des entreprises en difficulté, des « mauvais business ». Signe donc que l'Etat a encore foi en l'avenir de la SNCM.

Par ailleurs, le ministère des Transports a déclaré vouloir instaurer un décret antidumping social. Dans le viseur, la compagnie de transport maritime concurrente, Corsica Ferries, qui opère sous pavillon italien et recrute surtout des travailleurs étrangers, évidemment moins bien payés que les salariés français de la SNCM.

Tout cela se déroule sur fond d'un plan de redressement, qui prévoit d'économiser 70 millions d'euros par an, notamment via la suppression de 500 postes et une hausse de la productivité de 25 %. La SNCM se fixe en outre comme objectif de redevenir rentable en 2016.

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Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique. Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.

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