Europe-Etats Unis, les enjeux de l’accord de libre-échange

Cropped Favicon Economi Matin.jpg
Par Danièle Favari Publié le 27 mai 2014 à 10h07

Même si cela commence à se savoir : la Commission européenne mène actuellement avec les Etats-Unis, mais dans la plus grande discrétion depuis février 2013, les négociations du TAFTA (Trans-Atlantic Free Trade Agreement), partenariat devant aboutir d’ici fin 2014 à un vaste marché commun transatlantique, véritable pont commercial entre les USA et l’Union Européenne, qui intervient dans un contexte mondial de multiplication des accords bilatéraux.

Enfin, me direz-vous, une bonne nouvelle pour la reprise tant attendue de la croissance car "les retombées de cet accord devraient, nous dit-on, être de l’ordre de 0,5 à 1% du PIB" et "engendrer la création de 2 millions d’emplois". Quels effets macro-économiques aura la suppression des droits de douane alors que la France est déjà la 1ère destination en Europe des investissements américains, selon le Baromètre de l’attractivité européenne (Ernst & Young Global Limited, 2013).

Quelle embellie pour l’Europe quand la zone euro commence enfin à se redresser de croissance au dernier trimestre 2013) ? Et, surtout, comment cela va t-il se traduire, concrètement, pour le portefeuille des ménages européens ? Quel bénéfice par personne et par jour pour les français ? Voilà qui est intéressant à connaître, n’est ce pas ?

D’aucuns craignent, par la suppression des barrières non-tarifaires, l’arrivée dans nos assiettes des Organismes Génétiquement Modifiés (OGM), maïs MON810 et autres Monsanto, Pioneer, Bayer, lait et bœuf aux hormones, poulet chloré, porc à la ractopamine, sans compter les gaz et huiles de schiste et jusqu’à la remise en cause du principe de précaution….

Ont-ils raison et devons-nous nous défier ? Certes, l’UE représente un marché de 509 millions de consommateurs mais elle est déjà le 1er importateur mondial. En outre, le total des investissements UE-USA et USA-UE, c’est déjà 57% des investissements mondiaux et un excédent commercial de 125 milliards d’euros entre les deux zones. Devons-nous, au contraire, souscrire à ce qui deviendra "la plus grande zone de libre-échange du monde" puisqu’elle l’est déjà ?

Faute d’absolue transparence (veto des Etats Unis) et d’une étude pseudo-indépendante, c’est sur les 46 articles du mandat classé "trade sensitive" de la Commission européenne pour mener les négociations que se forge, à bon droit, l’opinion publique. Car ces négociations nous mènent à un traité qui aura une suprématie sur nos lois nationales et supranationales qui conduira l’Europe vers un "moins-disant" social, environnemental, sanitaire et phytosanitaire.

"Otan économique", "machine de guerre" "accord de trop" "épée de Damoclès", tels sont les vocables dont les parlementaires ont usé pour qualifier le TAFTA. Car c’est aussi le redouté RDIE, mécanisme d’arbitrage privé ou tribunal arbitral, qui sanctifie le pouvoir privé, celui des multinationales sur celui des gouvernements (David Rockfeller, 1999), et donc des populations, que nous devons craindre cet accord.

Toutes les questions que vous vous posez maintenant trouvent leur réponse dans l’ouvrage de Danièle Favari "Europe-Etats Unis, les enjeux de l’accord de libre-échange".

"Europe-Etats Unis, les enjeux de l’accord de libre-échange" est paru aux Editions Yves Michel

Disponible ici

Cet extrait est publié avec l'aimable autorisation de l'auteur et de son éditeur

Cropped Favicon Economi Matin.jpg

Juriste de l'environnement et droit européen de l'environnement, Membre expert de la "Fabrique écologique", Auteure de "Europe-Etats-Unis, les enjeux de l'accord de libre-échange" aux Editions Yves Michel (diffuseur Dilisco, avril 2014) et de "Les vrais dangers du gaz de schiste" ainsi que d'articles dans la revue Nexus, blogueuse dans le Huffington Post, Slate.fr et, accessoirement, diplomée de l'IAE d'Aix-en-Provence. twitter : https://twitter.com/daniele_favari Site : http://verte-influence.e-monsite.com/ 

Laisser un commentaire

* Champs requis