Filière prospectus : 60 000 emplois menacés

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Par Philippe Get Modifié le 12 mars 2021 à 17h33
Prospectus Oui Pub Emplois
40%L'instauration du « Oui Pub » pourrait entraîner une baisse de 40% de l'activité du secteur du prospectus.

Fragilisée par la crise sanitaire et économique et par une pression accrue du législateur, la filière prospectus craint pour ses 60 000 emplois.

Visée par de nouveaux dispositifs contraignants dans le cadre de la loi Climat et résilience en cours d’examen à l’Assemblée nationale, la filière prospectus (imprimés publicitaires non adressés) s’inquiète pour ses emplois. Selon une étude EY de 2019, les entreprises qui impriment et diffusent notamment les imprimés publicitaires de la grande distribution soutiennent 60 000 emplois non délocalisables en France. Selon cette étude, l’adoption par le Parlement d’un dispositif de type « Oui Pub », qui interdirait la distribution de prospectus si l’autorisation de les recevoir n’est pas expressément affichée, aurait pour conséquence une baisse de 40% à 70% de l’activité du secteur du prospectus avec des conséquences économiques lourdes.

Une réduction de 40% de la distribution de prospectus en circulation dans l’Hexagone, entraînerait ainsi une perte de 23 917 empois, environ 1 milliard d’euros de contribution au PIB de la France et 63 millions d’euros de recettes fiscales, estiment les analystes d’EY dans leur étude. Une situation loin d’être anodine, qui serait encore aggravée en cas de réduction plus forte.

111 millions d’euros de manque à gagner pour l’Etat

Toujours selon EY, en cas de réduction de l’ordre de 70% de la distribution de prospectus en France, la filière des imprimés publicitaires perdrait 41856 emplois. Les pertes pour le PIB de la France s’élèveraient alors à 1,85 milliard (0,1% du PIB national) et le manque à gagner en termes de contribution aux recettes fiscales s’élèverait à 111 millions d’euros par rapport à la situation actuelle.

Face aux risques de destruction de la filière prospectus, les principaux acteurs du secteur souhaitent alerter le gouvernement sur la fragilité de leur activité, encore accrue depuis le début de la crise sanitaire, mais également sur l’instabilité qu’imposent les multiples changements législatifs auxquels sont soumises les entreprises du secteur (les dernières évolutions législatives relatives à « stop pub » sont entrées en vigueur au 1er janvier 2020), qui limitent les capacités d’investissement.

Impact sur le pouvoir d’achat des Français

Mais l’impact économique des prospectus ne se résume pas aux professionnels du secteur. Les prospectus représentent pour de nombreux Français, et notamment pour les ménages plus modestes, une opportunité unique de connaître les promotions en cours. Selon une étude du GIE BALmétrie, 68% des catégories socioprofessionnelles économiquement fragilisées (28% de la population) lisent en moyenne un imprimé chaque semaine.

Une évolution réglementaire plus contraignante toucherait un secteur des imprimés publicitaires au poids économique important qui a déjà pris en compte les enjeux écologiques de son activité. Cette décision pénaliserait donc à la fois les professionnels (près de 60 000 personnes) et le grand public qui s’informe des bonnes affaires grâce aux prospectus.