Une république irréprochable ? Enfin !

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Par Bertrand de Kermel Modifié le 21 mai 2012 à 8h51

La charte de déontologie imposée aux ministres va dans le bon sens, mais il faut aller beaucoup plus loin pour instaurer une République irréprochable.

Le Premier ministre a demandé à chaque ministre de signer une charte de déontologie, afin de répondre à l’engagement du Président de la République. Il fallait commencer par cette mesure, mais elle est insuffisante pour garantir une République irréprochable. Selon l’ONG TRANSPARENCY INTERNATIONAL (TI), qui attribue une note de 0 à 10 à tous les pays du monde, en fonction de leur niveau de corruption. Le pays du monde où la corruption est la plus faible depuis 10 ans est le Danemark. La France arrive péniblement à la 26ème place en 2011. Ce classement est inacceptable.

Le Président de la République doit donc prendre un engagement nettement plus ambitieux : placer durablement la France à la fin de son quinquennat dans le groupe des trois pays du monde les moins corrompus. Ce n’est pas hors de portée. Transparence International a proposé sept mesures pendant la campagne. Le Président en a accepté six, et a formulé une contre proposition à l’une d’en elles. La ligne est donc tracée. Rien n’empêche également de rencontrer les dirigeants des pays qui sont systématiquement dans les trois premiers de la liste. Il y a surement de bonnes idées à prendre.

Quels en seraient les avantages ?

La République se remettrait d'aplomb. Aujourd’hui bon nombre de pouvoirs ont définitivement échappé aux politiques, au profit d’acteurs insaisissables. Quels pouvoirs peut avoir un haut responsable politique dès lors que sa campagne électorale a été financée via la corruption ? (cf par exemple « Non à l’oligarchie, vive la démocratie » paru au Seuil, sous la signature d’Hervé Kempf). C’est impressionnant.

Nous rassurerions les marchés. Comme vous et moi, les financiers préfèrent placer leur argent chez des gens ayant la réputation d’être honnêtes et non chez des voyous. Cela reste une règle fondamentale qui n’est pas prête de changer.

Les crises mondiales pourraient être réglées. Le communiqué de presse accompagnant le rapport 2010 de Transparence International titrait : « Les crises mondiales ne pourront être résolues sans une tolérance zéro contre la corruption ». De fait, les trois quarts des pays du monde ont moins de 5/10 dans le classement de Transparence International ! On imagine tous les coups bas qui se produisent pour contrecarrer les tentatives de règlement des crises.

Enfin une concurrence loyale serait instaurée. Bien des PME ont perdu des marchés publics sans comprendre pourquoi, alors que leur dossier était exemplaire… Inacceptable.

Nous participerions évidemment à la lutte contre la pauvreté. La corruption n’est pas en soi une cause de la pauvreté, mais c'en est un facteur très aggravant. Pourquoi ? Parce que la corruption permet de défendre des intérêts particuliers qui n’auraient pas triomphé par les voies légales. Par nature, elle va à l’encontre de l’intérêt général. L’éradication de la pauvreté implique l’éradication de la corruption.

Enfin nous resterions crédible. Comment lutter contre la délinquance dans nos banlieues avec notre 26ème place dans le classement de Transparence International ?

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Bertrand de Kermel est Président du comité Pauvreté et politique. Ancien directeur général d'un syndicat patronal du secteur agroalimentaire, aujourd'hui jeune retraité, il vient de publier « Le scandale de la pauvreté, les causes et les remèdes », paru aux Éditons de l'Oeuvre. 

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