La France le pays au monde qui travaille le moins !

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Par Daniel Moinier Publié le 30 mai 2022 à 15h23
Inflation France Insee Guerre 1
115,6%La dette de la France fin 2021 a atteint 115,6% du PIB.

Comment un pays qui a vu les trente glorieuses propulser la France vers les sommets, se trouve t-il dans une situation aussi catastrophique. Et ce n’est pas le Covid qui l’a mis dans cet état, puisque tous les pays ont à peu près subi les mêmes dommages !

Alors pourquoi ce recul important alors que d’autres ont réussi à reprendre vigueur, tel notre voisin allemand, qui a réussi à diminuer fortement son endettement.

L’Allemagne a réussi l’exploit en huit années, de 2010 à 2019 à réduire son endettement de 23,10%, alors que la France a vu le sien augmenter de 17% sur la même période !

Y a-t-il un lien avec la baisse de temps de travail, notre déclin et endettement ?

Il a été constaté que le PIB d’un pays est en grande partie proportionnel aux heures travaillées- payées de ce pays. La dette étant en comparaison avec le PIB, il est facile de conclure que plus les personnes travaillent plus le PIB est élevé et plus le déficit devient positif.

Alors pourquoi depuis 1982 a-t-on appliqué la formule inverse ? Diminuer le temps de travail et d’activité pour faire croire que tout le monde serait heureux, avec beaucoup de loisirs, de temps libre !

Le nombre réel de pauvres a explosé. Certains diront que non. Mais pourquoi a-t-on dû augmenter les aides ? Pour diminuer le seuil de pauvreté, puisqu’avec le « chapelet » d’aides inventées celui-ci est largement dépassé pour un grand nombre. Ces aides ont véritablement explosé et encore plus avec l’immigration pour arriver à 760 Mds d’euros (gestion comprise) avant Covid. (53% du budget total de la nation). Que reste t-il aux administrations pour bien gérer la France ? Sans le montant énorme de ces nouvelles aides nous serions certainement très mal classés au niveau européen et même mondial. Le nombre total des aides sociales en France dépassent les 400 ! (Voir la liste complète dans mon dernier livre : « Pourquoi la France est déficit depuis 1975 ? Analyse-Solutions »

Contrairement à la DREES (Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques) qui différencie les aides sociales et celles liées à la pauvreté !

Un article de celle-ci m’a fait sourire : Les prestations sociales de 1981 à 2020 : quatre décennies de maîtrise des dépenses de santé et de vieillesse. Elles ont augmenté de 10% mais sans les aides et surtout les nouvelles liées à la pauvreté et l’immigration !

La DREES poursuit tout de même : En revanche, les dépenses liées au risque-pauvreté-exclusion augmentent fortement. En effet, en 1981, ce risque était très limité : La mise en place du RMI puis du RSA a contribué au dynamisme des dépenses dans un contexte de masse, notamment de longue durée.

J’ajouterai toutes les autres aides nouvelles, CMU, AME, APRE, ASF, AEEH, AA, AAH, APDF,

Et toutes les aides liées à l’immigration, j’en ai déjà compté seize…plus toutes les associations liées à la pauvreté....

Revenons à notre temps travaillé qui a tellement diminué que nous avons les durées les plus faibles d’Europe et certainement du monde :

  • A la journée

  • A la semaine

  • Au mois

  • A l’année

  • Sur la durée de vie

Depuis 1945, elle a diminué de :

  • 12 années jusqu’en 2010/2017, (retraite à 62 ans)

  • 13 heures par semaine

Pendant ce temps, la durée de vie a augmenté de 23 ans, soit plus de 7 heures par jour.

Le COVID a modifié quelque peu la courbe mais le rattrapage se fera sur quelques années.

Les centenaires sont passés de 100 à près de 30.000 fin 2021…

Selon l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) dans une étude de mars 2021, ce chiffre pourrait être multiplié par treize d'ici 2070, soit 270.000.

Les temps de travail dans le monde :

Les pays ayant le plus grand nombre d'heures de travail étaient le Mexique (2237 h), la Corée du Sud (2163 h), la Grèce (2037 h), le Chili (2015 h), la Russie (1980 h). En moyenne, le temps de travail dans les pays de l'OCDE était de 1770 h.

De toute l'Europe, ce sont les Français qui travaillent le moins. Selon les tout derniers chiffres relevés par Eurostat et rapportés par l'organisme Coe-Redécode, les salariés à temps complet de l'Hexagone ont travaillé 1646 heures en 2018. Soit 14 heures de moins qu'en 2013. Et 199 heures de moins qu'en Allemagne, 130 heures de moins qu'en Italie, ou 228 heures de moins qu'au Royaume-Uni.

Entre 2013 et 2018, toujours pour les salariés à temps complet, l'écart s'est creusé avec des partenaires européens importants, comme les Pays-Bas, le Danemark, l'Espagne et l'Allemagne. Nous avons remplacé les Finlandais en queue de peloton en 2015.

D’autre part les fonctionnaires français travaillent moins que la durée légale, c’est le secteur des services non marchands-administration publique, éducation, santé, action sociale etc.- qui affiche la durée effective de travail des salariés à temps complet la plus faible, relativement aux autres secteurs. 1569 heures de travail par an, c'est moins que la durée légale de travail, qui est de 1607 heures par an (les 35 heures par semaine).

Lorsqu'ils sont interrogés, les Français estiment qu'ils travaillent en moyenne 39 heures par semaine. Or, Eurostat a calculé que les Français sont absents 10,6 semaines par an soit un horaire moyen de 36,2 heures.

Par contre et heureusement les non salariés compensent ces bas horaires en travaillant beaucoup, même si depuis le Covid il est encore plus difficile d’évaluer correctement les heures réellement travaillées puisque non payées à l’heure.

Les Français (es) non-salarié(e)s travailleraient 2335 heures soit 42% de plus que les salarié(e)s employé(e)s, ouvriers.

« Dans la quasi-totalité des pays de l'Union européenne, les non-salarié(e)s travaillent plus longtemps que les salarié(e)s mais dans des proportions sensiblement différentes de celle de la France », commente Coe-Rexecode dans son étude. L'écart est de 26% pour l'Allemagne, 21% pour l'Italie, 8% pour le Royaume-Uni.

Par contre les temps partiels travailleraient 6% de plus que la moyenne européenne de 925 heures. Soit 981 heures annuelles et 60% par rapport à l’horaire complet.

Autre constat, les travailleurs français travailleraient 45 minutes de moins par semaine qu’en 2005.

Après cette analyse, la conclusion s’impose d’elle-même…

www.danielmoinier.com

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Daniel Moinier a travaillé 11 années chez Pechiney International, 16 années en recrutement chez BIS en France et Belgique, puis 28 ans comme chasseur de têtes, dont 17 années à son compte, au sein de son Cabinet D.M.C. Il est aussi l'auteur de six ouvrages, dont "En finir avec ce chômage", "La Crise, une Chance pour la Croissance et le Pouvoir d'achat", "L'Europe et surtout la France, malades de leurs "Vieux"". Et le dernier “Pourquoi la France est en déficit depuis 1975, Analyse-Solutions” chez Edilivre.