Grande distribution : un rapport sénatorial épingle les marges injustifiées

Par Anton Kunin Modifié le 20 juillet 2022 à 9h16
Grande Distribution Comportement Clients Analyse
5,7%En juin 2022, l'INSEE a relevé une hausse de 5,7% (sur un an) des prix des produits alimentaires.

Tant les enseignes de la grande distribution que les producteurs et les transporteurs ont apporté leur pierre à l’édifice de la hausse des prix en rayon. Même si dans la majorité des cas ces hauses reflètent effectivement le renchérissement de la fabrication et du transport des produits, certaines hausses des prix apparaissent injustifiées, estime le groupe de sénateurs qui a planché sur le sujet.

Hausses des prix en rayons : les enseignes de la grande distribution ont joué un double rôle

Les hausses des prix dans la grande distribution inquiètent les sénateurs. À l’issue d’une « mission flash » entamée début juillet 2022, et dont le quotidien Le Figaro a pu consulter les conclusions, les sénateurs ont constaté que certaines hausses de prix étaient effectivement injustifiées. Sur certains produits, les enseignes ont appliqué des hausses de prix plus importantes que ne l’étaient les hausses des prix d’achat et du coût du transport.

En même temps, on ne peut pas trop en vouloir aux enseignes de la grande distribution non plus car, tout en augmentant « plus que nécessaire » les prix de certains produits, ils ont laissé inchangés les prix d’autres produits, ceux que les consommateurs ont en tête, comme les prix du Nutella ou du Coca-Cola par exemple. C’est le bon vieux principe de « péréquation des marges ».

La hausse des pénalités logistiques est injustifiée, estiment les sénateurs

En plus, il faut bien admettre que les hausses de prix d’achat pratiquées par les producteurs n’ont pas toujours été suffisantes pour couvrir la hausse effective des coûts de production. Dans ce cas de figure, deux types de situations ont été identifiées : soit les enseignes ont augmenté encore le prix de vente, engrangeant elles-mêmes une marge supplémentaire, soit elles ont laissé le prix en rayon inchangé ou l’ont augmenté de très peu. Dans les deux cas, le producteur s’en trouve pénalisé.

Enfin, les sénateurs ont constaté une hausse des pénalités logistiques, ces pénalités que les enseignes de la grande distribution infligent aux producteurs en cas de commande arrivée en retard ou incomplète. Les auteurs du rapport estiment qu’à l’heure où les chaînes logistiques sont déjà très tendues, ce type de décision est injustifié.

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