Air France : la direction recule, les pilotes continuent la grève…

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Par Jean-Baptiste Giraud Publié le 26 septembre 2014 à 4h59

"Ils démontrent aux français qu'ils sont une caste à part, insensible à la crise". Voilà ce qui se dit dans une rédaction d'un média économique au sujet des pilotes d'Air France. Malgré la reculade - totale - de la direction de la compagnie, qui retire donc son projet de développement de Transavia en Europe, les pilotes maintiennent leur mouvement de grève. Et tant pis si elle a déjà coûté 300 millions d'euros à Air France, mais fait perdre aussi beaucoup d'argent à tout ceux qui gravitent et dépendent du transport aérien.

Ce que veulent désormais les pilotes, c'est sanctuariser leur rôle au sein d'Air France, afin de réunir tous les pilotes au sein d'une même entité pour qu'ils disposent tous du même contrat de travail, et des mêmes avantages, à commencer par la rémunération. Traduction : les pilotes d'Air France continuent leur grève afin que les pilotes de Hop et Transavia disposent des mêmes avantages qu'eux. Altruistes ? Que nenni ! Le but des pilotes d'Air France est au contraire très interessé : comme Air France va mal, l'activité de la compagnie nationale s'en ressent. Les carrières des pilotes sont difficiles à construire. Copilote ou commandant de bord sont des graals de plus en plus long à décrocher. Si les pilotes d'Air France veulent que leurs petits copains des filiales d'Air France aient le même statut qu'eux... c'est pour pouvoir aller frayer librement dans leurs eaux, et décrocher plus vite un bon job, avec la même rémunération et les mêmes avantages que chez Air France "mère" ! On croit rêver.

Pour Air France, la revendication est innacceptable. Transavia ou Hop ne peuvent supporter le surcoût financier que représenterait l'alignement du statut de leurs pilotes sur celui ultra privilégié des pilotes d'Air France. Tout le monde va se retrouver une nouvelle fois autour de la table des négociations ce vendredi. Mais s'il n'y a plus rien à lâcher pour la direction, et que les pilotes ne démordent pas de leur idée, le conflit pourrait encore durer quelques jours de plus.

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Jean-Baptiste Giraud est le fondateur et directeur de la rédaction d'Economie Matin. Il est également intervieweur économique sur RTL dans RTL Grand Soir (en semaine, 22h17) depuis 2016. Jean-Baptiste Giraud a commencé sa carrière comme journaliste reporter à Radio France, puis a passé neuf ans à BFM comme reporter, matinalier, chroniqueur et intervieweur. En parallèle, il était également journaliste pour TF1, où il réalisait des reportages et des programmes courts diffusés en prime-time.  En 2004, il fonde Economie Matin, qui devient le premier hebdomadaire économique français. Celui-ci atteint une diffusion de 600.000 exemplaires (OJD) en juin 2006. Un fonds economique espagnol prendra le contrôle de l'hebdomadaire en 2007. Après avoir créé dans la foulée plusieurs entreprises (Versailles Events, Versailles+, Les Editions Digitales), Jean-Baptiste Giraud a participé en 2010/2011 au lancement du pure player Atlantico, dont il est resté rédacteur en chef pendant un an. En 2012, soliicité par un investisseur pour créer un pure-player économique,  il décide de relancer EconomieMatin sur Internet  avec les investisseurs historiques du premier tour de Economie Matin, version papier.  Il a également été éditorialiste économique sur Sud Radio de 2016 à 2018.   Jean-Baptiste Giraud est également l'auteur de nombreux ouvrages, dont notamment "Combien ça coute, combien ça rapporte" (Eyrolles), "Les grands esprits ont toujours tort", "Pourquoi les rayures ont-elles des zèbres", "Pourquoi les bois ont-ils des cerfs", "Histoires bêtes" (Editions du Moment) ainsi que "le Guide des bécébranchés" (L'Archipel).