Livret A : la hausse du taux, mauvaise nouvelle pour les HLM

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 18 juillet 2022 à 8h39
Renovation Energetique Batiment 2
140 MILLIARDS €Les HLM sont endettés à hauteur de 140 milliards d'euros auprès de la CDC.

Les épargnants ont reçu la bonne nouvelle le 14 juillet 2022 : le taux d’intérêt du Livret A et du Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) va augmenter au 1er août 2022. Il double pour atteindre 2% par an, sur fond d’inflation exceptionnelle. Mais là où les ménages ont le sourire, le secteur des HLM craint le pire.

Les HLM craignent pour leur dette qui va s’alourdir

Pour le secteur des HLM, la hausse du taux du Livret A annoncée par le gouvernement est tout sauf une bonne nouvelle. La raison ? Les centaines de milliards d’euros déposées sur les livrets défiscalisés sont utilisés en partie pour financer la construction et la rénovation des HLM, via des prêts accordés par la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), gestionnaire de l’argent placé sur ces livrets.

Or, c’est simple : les prêts accordés aux HLM sont indexés… sur le taux de rémunération des livrets. Si le taux des livrets augmente, les taux des prêts augmentent également… et donc la dette des organismes s’alourdit. Dans un communiqué publié vendredi 15 juillet 2022, l’Union Social pour l’Habitat (USH), s’inquiète des conséquences pour le secteur.

Hausse des coûts de construction, hausse des taux d’intérêt… les HLM en difficultés

L’USH rappelle, dans son communiqué de presse, que les HLM sont lourdement endettés : 140 milliards d’euros. Or, la hausse du taux d’intérêt va aggraver cette dette, les taux étant variables et donc évoluant au fil du temps. « Ce quadruplement du taux alourdit la charge de la dette du secteur de plus de 2,1 milliards d'euros en année pleine, soit 10% du montant total des loyers », explique le secteur.

Une hausse des coûts qui se conjugue avec une autre hausse des coûts : celle de la construction. Que ce soit pour de nouveaux bâtiments ou pour la rénovation d’anciens, les prix dans le BTP ont explosé sur fond de pénuries, retards de livraisons et hausse des prix de l’énergie. Des coûts supplémentaires qui risquent de ralentir un peu plus la construction de nouveaux logements, déjà fortement en-deçà des objectifs.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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