Agroalimentaire : l’Indonésie stoppe l’export d’huile de palme, les prix explosent

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 27 avril 2022 à 12h22
Huile De Palme Sante Ecologie
7%Le prix de l'huile de palme sur les marchés a grimpé de 7%.

Mauvaise nouvelle pour le secteur agroalimentaire, et pour les consommateurs par la même occasion : l’Indonésie, premier producteur d’huile de palme au monde, a annoncé arrêter toute exportation du produit. En conséquence, les prix ont commencé à augmenter, ce qui va peser sur les coûts de production des produits alimentaires… et donc sur le prix payé par les consommateurs.

L’Indonésie arrête d’exporter de l’huile de palme

Bien que critiquée car son exploitation est synonyme de déforestation, l’huile de palme reste très utilisée dans l’industrie agroalimentaire. Peu chère, elle a des propriétés particulières difficiles à reproduire avec des produits de substitution. Et parmi les géants qui en utilisent, comment ne pas nommer Ferrero ? Le Nutella contient de l’huile de palme (produite de manière écoresponsable, néanmoins).

Or, cette matière première est en grande partie produite en Indonésie : le pays représente la moitié de l’offre mondiale. Alors quand le 26 avril 2022, le gouvernement indonésien annonce la fin de toute exportation d’huile de palme dès le 28 avril 2022, forcément, c’est la panique. Les prix de l’huile de palme ont, dans la foulée, grimpé de 7% sur les marchés, et la tendance pourrait s’accentuer.

La Malaisie appelée en renfort, mais une pénurie est quasi-certaine

La décision de l’Indonésie a été justifiée par son président, Joko Widodo : elle vise à permettre aux ménages de faire face à la pénurie d’huile de cuisson sur son territoire et à leur éviter une inflation trop élevée. Une mesure de protection, donc, alors que l’industrie agroalimentaire commençait à revoir ses recettes pour palier… à la pénurie d’huile de tournesol.

Le deuxième pays exportateur d’huile de palme, la Malaisie, va devoir tenter de compenser, mais il y a peu de chances qu’il y parvienne. Cité par L’Express au Royaume-Uni, Rasheed JanMoh, à la tête de l’association des raffineurs d’huile alimentaire du Pakistan, est formel : « personne ne peut compenser pour la perte de l’huile de palme indonésienne ». Selon lui, « tous les pays vont souffrir ».

L’arrêt des exportations devrait initialement avoir des effets néfastes sur le marché asiatique, avant de se propager au reste du monde où l’huile de palme est moins utilisée pour la cuisson par les ménages qui préfèrent les huiles de tournesol, colza, arachide ou encore olive.

Les ménages vont payer la facture…

L’augmentation des prix de l’huile de palme sur les marchés de gros va avoir un effet néfaste sur l’industrie agroalimentaire, qui en utilise massivement : les coûts de production vont augmenter, exacerbant la tendance actuelle portée par la guerre en Ukraine ainsi que la persistance de la pandémie de Covid-19.

Déjà en tension, les industriels n’auront d’autre choix que d’augmenter les prix pour les consommateurs afin de répercuter sur eux tout ou partie des hausses. De quoi renforcer la tendance inflationniste qui pèse sur le budget des ménages. L’inflation en France avait atteint 4,5% sur un an selon l’Insee en mars 2022, et elle pourrait accélérer dans les mois à venir.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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