Inégalités : les salaires varient fortement d’une région à l’autre

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Par Laure De Charette Publié le 29 novembre 2016 à 10h25
Bpifrance Banque Publique Investissements France
40%Le salaire moyen en Île-de-France dépasse de 40 % celui des autres régions françaises.

Mieux vaut habiter en Île-de-France, voire à l'est du pays, qu'en Corse ou près de l'océan Atlantique !

8 euros d'écart de l'heure

L'Insee a publié un comparatif des salaires dans les régions, fort intéressant. On y apprend, sans grande surprise, que les salaires perçus varient fortement d’une région française à l’autre.

En 2012, un salarié du secteur privé ou d’une entreprise publique perçoit en moyenne un salaire horaire brut de 18,7 euros. C’est en Île-de-France qu’il est le plus élevé : dans cette région, le salaire horaire brut moyen atteint 23,9 euros alors qu’il n’est que de 15,6 euros en Corse, où le salaire régional moyen est le plus faible. L’Île-de-France, qui concentre plus de 25 % des postes de travail du pays, présente des salaires bien plus importants que dans les autres régions françaises, avec un écart en moyenne de l’ordre de 41 %.

En comparaison, les écarts de salaire entre les régions de province sont beaucoup moins importants. Dans l’ensemble de ces régions, les salaires sont proches de la moyenne de province (17,0 euros de l’heure). Ainsi, en Auvergne- Rhône-Alpes, région métropolitaine qui suit l’Île-de-France dans la hiérarchie des salaires, les rémunérations sont supérieures d’à peine 15 % à celles versées en Corse.

Dans les départements d’outre-mer (DOM), le salaire horaire brut moyen en 2012 oscille entre 16 euros et 18 euros de l’heure, comme dans les régions de province. Il est le plus élevé en Martinique et en Guadeloupe. En revanche, La Réunion offre un salaire plus faible que toutes les régions métropolitaines, Corse exceptée.

En Île-de-France, le niveau de salaire, nettement plus élevé que dans les autres régions, s’explique principalement par la structure du marché du travail. Les cadres y sont davantage présents : ils représentent 28 % des postes de travail contre 12 % sur le reste du territoire national. Le niveau moyen de diplôme francilien est également le plus élevé de France : près d’un salarié sur deux est diplômé du supérieur (contre trois sur dix pour les salariés travaillant en province ou dans les départements d’outre-mer). Les contrats à durée indéterminée, mieux rémunérés, y sont également plus répandus qu’ailleurs (78 % des postes contre 71 % sur le reste de la France).

En province, des salaires plus élevés à l’Est

En métropole, hors Île-de-France et Corse, les écarts de salaires restent modestes en moyenne, on l'a dit. Cependant, les régions frontalières de la partie est de la France offrent en général une rémunération plus élevée que celle des régions de l’Arc Atlantique. En particulier, les salaires moyens sont relativement plus élevés en Auvergne-Rhône-Alpes et en Provence-Alpes-Côte d’Azur, deux régions où la part des cadres est forte. Inversement dans les régions où les cadres sont sous-représentés, le salaire moyen est généralement plus faible, comme en Bourgogne-Franche-Comté.

La Corse est donc la région au salaire horaire moyen le moins élevé (15,6 euros de l’heure). Ceci tient aux spécificités du tissu productif, essentiellement constitué de petites entreprises et où les services sont surreprésentés. Les microentreprises y rassemblent en effet 39 % des effectifs salariés en équivalent temps plein (EQTP) et les autres petites et moyennes entreprises (PME) 40 %, contre respectivement 18 % et 28 % en France métropolitaine. L’effet taille, qui pénalise les rémunérations dans les petites entreprises, y joue donc un rôle encore plus marqué. De même, le secteur de l’hébergement et de la restauration, où les rémunérations offertes sont peu élevées, regroupe 18 % des emplois corses, soit une part 2,7 fois supérieure à celle du niveau national.

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Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.

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