Soumission des oeuvres d’art à l’ISF : Filippetti, Ayrault et Hollande sont contre

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Par Jean-Baptiste Giraud Modifié le 12 octobre 2012 à 5h29

"Il ne faut pas se tromper de combat sur l'ISF" affirme Aurélie Filippetti à nos confrères des Echos ce matin. Et tant pis si la commission des Finances de l'Assemblée Nationale a voté à une large majorité le texte, non sans l'amender au passage ! Ainsi, le seuil d'imposition des oeuvres d'art imposables, si l'amendement est approuvé par les deux chambres, est de 50 000 euros, contre 5000 prélablement. Il n'empêche.

La ministre de la Culture soutient "l'exception culturelle" et justifie pour cette seule raison le maitien de l'exonération de l'ISF pour les oeuvres d'art. Ah oui autre argument : "De grands musées tels que le Louvre, Pompidou ou le Quai Branly voient leurs crédits baisser, (...) l'effort fait par l'ensemble du secteur de la culture est largement suffisant". Magnifique syllogisme pour ne pas dire sophisme qui aboutit au non assujetissement des oeuvres d'art à l'ISF.

Se targuant d'un soutien sans faille du Premier ministre et du président de la République sur le sujet (c'est pas moi c'est les autres) Aurélie Filippetti a pourtant donné un coup de grâce au bon sens dans sa démonstration. Interrogée par le journaliste des Echos décidément bien inspiré, sur le sens à donner à la taxation du risque et de la création d'entreprises et pas des oeuvres d'art, la ministre de la Culture a répondu : "Mais l'art et la culture, c'est la création. Ce sont des éléments essentiels du rayonnement de l'économie, de l'attractivité et de la compétitivté de la France". La culture, combien de divisions face aux 500 000 créateurs d'entreprises (dont 250 000 autoentrepreneurs) qui se lancent chaque année ?

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Jean-Baptiste Giraud est le fondateur et directeur de la rédaction d'Economie Matin. Il est également intervieweur économique sur RTL dans RTL Grand Soir (en semaine, 22h17) depuis 2016.Jean-Baptiste Giraud a commencé sa carrière comme journaliste reporter à Radio France, puis a passé neuf ans à BFM comme reporter, matinalier, chroniqueur et intervieweur. En parallèle, il était également journaliste pour TF1, où il réalisait des reportages et des programmes courts diffusés en prime-time. En 2004, il fonde Economie Matin, qui devient le premier hebdomadaire économique français. Celui-ci atteint une diffusion de 600.000 exemplaires (OJD) en juin 2006. Un fonds economique espagnol prendra le contrôle de l'hebdomadaire en 2007.Après avoir créé dans la foulée plusieurs entreprises (Versailles Events, Versailles+, Les Editions Digitales), Jean-Baptiste Giraud a participé en 2010/2011 au lancement du pure player Atlantico, dont il est resté rédacteur en chef pendant un an.En 2012, soliicité par un investisseur pour créer un pure-player économique,  il décide de relancer EconomieMatin sur Internet  avec les investisseurs historiques du premier tour de Economie Matin, version papier. Il a également été éditorialiste économique sur Sud Radio de 2016 à 2018. Jean-Baptiste Giraud est également l'auteur de nombreux ouvrages, dont notamment "Combien ça coute, combien ça rapporte" (Eyrolles), "Les grands esprits ont toujours tort", "Pourquoi les rayures ont-elles des zèbres", "Pourquoi les bois ont-ils des cerfs", "Histoires bêtes" (Editions du Moment) ainsi que "le Guide des bécébranchés" (L'Archipel).