L’Union européenne veut devenir un géant des puces électroniques

Par Olivier Sancerre Modifié le 31 janvier 2022 à 13h43
Puces Electroniques Europe 1
10%L'Union européenne représente 10% de la production mondiale de puces électroniques.

La Commission européenne veut séduire les grands constructeurs de puces électroniques et les inciter à investir sur le vieux continent. L'objectif de Bruxelles est de doubler la part de marché de l'Europe en termes de production de semi-conducteurs d'ici 2030.

C'est un objectif ambitieux martelé par Thierry Breton, le commissaire européen en charge du marché intérieur. Il souhaite en effet doubler la part de marché de l'Union européenne dans la production mondiale de semi-conducteurs à l'horizon 2030, alors que le vieux continent ne pèse que 10% de ce marché. « Il est absolument fondamental d'en produire beaucoup plus en Europe », a-t-il martelé dans un entretien accordé à plusieurs quotidiens européens, dont Les Échos pour la France. Le but est de « multiplier par quatre notre propre production », a-t-il illustré.

Multiplier par quatre la production de puces

Les enjeux sont multiples, mais comme on le voit actuellement avec la pénurie de puces électroniques qui frappe durement le secteur automobile, il s'agit d'abord de renforcer l'indépendance de l'Europe. « On ne peut se permettre d'être dépendant de pays tiers dans des domaines stratégiques », explique-t-il en donnant pour exemple la pandémie : « Nous l'avons vu avec l'épisode des masques puis des vaccins ». Pour parvenir à atteindre son objectif, Thierry Breton annonce un « Chips Act » en février, et aligne les arguments. L'UE possède les compétences et « de très bons équipements industriels », ainsi qu'un environnement géopolitique stable, « fondé sur le respect de l'État de droit » ainsi que des règles « claires sur la durée ».

Aides financières pour les entreprises

Des atouts qui pourraient faire mouche chez des constructeurs qui craignent les changements politiques dans certains pays d'Asie. La Chine ressert ainsi l'emprise sur l'économie du pays… Par ailleurs, l'UE est prête à verser des aides financières aux grands constructeurs qui voudront investir en Europe. En échange, ils devront investir dans les technologies d'avenir, « avec un plan de route sur 5 à 10 ans ». Notamment sur la finesse de gravure des puces, un sujet essentiel qui permet de multiplier le nombre de transistors tout en réalisant des économies d'énergie.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.

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