Le gouvernement pourrait donner un coup de pouce à la fusion TF1/M6

Par Olivier Sancerre Modifié le 12 septembre 2022 à 9h46
Tf1 M6 Fusion Gouvernement 2
70%Les chaînes de TF1 et de M6 pèsent plus de 70% du marché publicitaire audiovisuel.

La fusion entre TF1 et M6 ira-t-elle jusqu'au bout ? La question mérite d'être posée alors que l'Autorité de la concurrence doit donner son verdict le 17 octobre. Et celui-ci pourrait ne pas être positif.

Pour se marier, TF1 et M6 pourraient bien avoir besoin du coup de main du gouvernement. L'opération permettrait aux deux groupes de peser plus de 70% du marché publicitaire audiovisuel en France, ne laissant plus que des miettes à la concurrence. Pour faire passer la pilule, les entreprises ont fait des concessions, à l'image de la vente de TFX et de 6ter au groupe Altice. Mais aux yeux des services d'instruction de l'Autorité de la concurrence, ce n'est pas suffisant : dans un rapport publié en juillet, ils estiment que cette cession est insuffisante et proposent plutôt de ne pas conserver la chaîne M6, qui représente 20% environ du marché publicitaire.

Avis favorable de Bercy

Mais une telle fusion sans la chaîne M6 a-t-elle encore du sens ? Probablement pas. L'Autorité de la concurrence peut ne pas suivre la recommandation de ses services, néanmoins l'affaire semble assez mal engagée. Le salut de l'opération pourrait venir du gouvernement : le ministère de l'Économie a donné un avis assez favorable au projet, et si ce n'est pas suffisant Les Échos rapportent que la DGCCRF pousserait les deux groupes à vendre TMC ou W9. Mais cela risque de coincer également, aussi bien TF1 que M6 ont exclu une telle cession. Ces deux chaînes sont en effet stratégiques, elles font figures de deuxième fenêtre de diffusion, ce qui permet d'amortir les achats de programmes.

Forcer la main de l'Autorité de la concurrence

La dernière carte que pourrait jouer le gouvernement, qui est en faveur de ce mariage, est aussi une arme à double tranchant. L'exécutif peut en effet corriger la copie de l'Autorité de la concurrence, comme l'explique Capital. Mais cette possibilité rarement utilisée a pour défaut d'être politiquement chargée alors que le dossier est déjà très sensible. De fait, la transaction pourrait encore capoter, empêchant ainsi la création d'un groupe à même de concurrencer les grandes plateformes américaines.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.

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