Le nombre de défaillances d’entreprises enfin en baisse

Par Laure De Charette Modifié le 15 novembre 2016 à 11h26
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20%Une défaillance sur cinq a lieu en Île-de-France.

2016 mettra-elle fin à huit années de « sur sinistralité » des entreprises ? Il semble que oui.

2016, année bénie ?

Depuis avril 2009, le nombre de défaillances d’entreprises en données glissées sur 12 mois restait bloqué au seuil des 60 000, et avait même établi en février 2014 un record à 64 500. 2015 s’achevait sur plus de 63 000 procédures. 2016 marque enfin un changement de cap ! La baisse de la sinistralité des entreprises s’accélère et se propage à l’ensemble de l’économie, selon une étude menée par le cabinet Altares.

En comparaison avec les mêmes périodes précédentes, le nombre d’ouvertures de procédures collectives recule de 5 % sur douze mois, de près de 8 % sur les neuf premiers mois de l’année et 12 % sur le troisième trimestre. L’été 2016 a été le meilleur depuis 2008 retombant, comme en début de crise, sous la barre des 12 000 procédures.

Les PME de plus de 50 salariés confirment le point bas de vulnérabilité qu’elles avaient déjà atteint durant l’été 2015 ; 71 ont défailli ce troisième trimestre, un nombre au plus bas depuis huit ans et deux fois inférieur à celui constaté durant l’été 2009. Cette moindre fragilité des entreprises, notamment des PME, favorise le maintien de l’emploi. Moins de 40 000 emplois (39 400) sont ainsi menacés par les défaillances d’entreprises prononcées ce troisième trimestre, un nombre en recul de 16 % par rapport à l’été 2015 et historiquement bas. En comparaison avec l’été 2009, très lourd pour les PME, près de 19 000 emplois ont été préservés sur les seuls trois mois estivaux.

Moins de cessations de paiement

Le troisième trimestre 2016 témoigne donc de l’accélération de la baisse des défaillances d’entreprises engagée depuis le début de l’année. Précisément, à peine plus de 250 procédures de sauvegardes (- 23 %) ont été accordées, un nombre jamais tombé aussi bas depuis le dernier trimestre 2008.

Plus significatif encore de la moindre fragilité des entreprises, les cessations de paiement reculent elles-aussi fortement, tombant à moins de 11 200, un volume trimestriel au plus bas depuis l’été 2008.

Toutes les tailles d’entreprises s’inscrivent dans le vert, notamment les plus petites, celles de moins de trois salariés (- 8 %) qui représentent les trois quarts des ouvertures de procédures. Au-delà de trois salariés et jusqu’à cent salariés, la tendance est encore plus solide (- 22 %).

Selon Thierry Millon, directeur des études Altares, « l’activité des entreprises a repris des couleurs. Si celle-ci doit permettre à terme de stimuler plus fortement la création d’emplois, le reflux des défaillances offre une meilleure pérennité des emplois, et par voie de conséquence, une baisse des impayés de salaires. »

Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique. Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.