Le taux du Livret A pourrait encore baisser cet été : 1,5 ou 1,25 % ?

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Par Jean-Baptiste Le Roux Publié le 24 juin 2013 à 3h00

Interrogé dimanche sur Europe 1, Pierre Moscovici, le ministre de l'Economie, a envisagé une baisse limitée du placement préféré des Français, le fameux Livret A. Une baisse qui pourrait avoir lieu au mois d'août prochain.

C'est un aveu à demi-mot. Après une baisse de 2,25 % à 1,75 % en février, le gouvernement pourrait abaisser à nouveau le livret A. Mais à quel taux ? 1,5 % ? 1,25 % ? "Il est clair qu'il y a une baisse de l'inflation, il peut y avoir une baisse limitée du Livret A" a déclaré le ministre. "Le pouvoir d'achat du Livret A sera maintenu de façon à être favorable par rapport à l'évolution de l'inflation" a notamment ajouté Pierre Moscovici.

Une baisse du Livret A qui pourrait satisfaire Standard & Poor's


Une décision qui pourrait bien satisfaire l'agence de notation Standard & Poor's qui, dans une étude publiée vendredi dernier, a notamment déclaré que le Livret A pénalisait le secteur bancaire de la France, plongée dans un contexte de croissance quasi nulle. Une préoccupation de l'agence américaine qui s'explique par l'augmentation de l'encourt du Livret A et du LDD (Livret de Développement Durable), malgré la baisse du taux.

Malgré la baisse des taux, le Livret A reste l'épargne préférée des Français


Ces deux produits ont déjà collecté 21,1 milliards d'euros en cinq mois contre 12 milliards pour la même période en 2012. Sous-entendu : l'épargne du Livre A siphonne l'épargne bilantielle des banques. Ce que confirment les banques françaises, qui paradoxalement approuvent les déclarations de S&P.

Le secteur bancaire a en effet constaté que depuis quelques années, le circuit de l'épargne est de plus en plus aiguillé vers des missions d'intérêt général, au détriment de l'activité commerciale des banques. Et alors que ces missions financées par les revenus du Livret A et du LDD se sont élargies, la Caisse des Dépôts, qui gère 65 % de la collecte de ces deux produits d'épargne, exige actuellement de pouvoir récupérer une partie de cette enveloppe en cas de besoin. Ce qui n'est pas du goût des banques, qui aimeraient elle, conserver une part plus importante que les 35 % restants, dans leurs bilans.

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Jean-Baptiste Le Roux est journaliste. Il travaille également pour Radio Notre Dame où il anime des matinales et l'émission Parole d'Evêque. Il a travaillé pour Jalons, Causeur et Valeurs Actuelles avec Basile de Koch avant de rejoindre Economie Matin, à sa création, en mai 2012. Il est diplômé de l'Institut européen de journalisme et membre de l'Association des Journalistes de Défense.