Les machines à sous clandestines, un nouveau marché pour le grand banditisme

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Par Partenaire Modifié le 30 juin 2016 à 16h19
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Les machines à sous ont du succès car elles ne nécessitent pas de stratégie particulière. Mais ce succès attise les convoitises. Des démantèlements de machines à sous clandestines et des interpellations de responsables de jeux de hasard clandestins ont encore eu lieu récemment.

Des machines à sous clandestines exploitées dans de nouveaux endroits

Habituellement, l'exploitation des machines à sous clandestines se passe plutôt dans le Sud de la France ou à Paris. Après des arrestations à Blagnac, Toulouse, Cugnaux, entre autres, en février dernier, c'est à Lille et à Roubais, le 13 juin, que la police judiciaire a démantelé une centaine de machines à sous et a interpellé une vingtaine de bars liés à un réseau mafieux turc. C'est une première dans la région.

Un marché illégal en pleine croissance

Les jeux de hasards clandestins existent depuis les années 1970 mais il rapporte énormément et ne cesse de progresser depuis les années 1990. Pourtant, les systèmes mis en place par le gouvernement pour les surveiller ne manque pas, les services de police locaux adressent toutes les semaines un rapport au ministère de l'intérieur.

Comment fonctionnent les jeux de hasard clandestins ?

Ce sont les bars qui les abritent, ils se présentent sous forme de jeux vidéos, bornes Internet, flippers, jeux d'adresse, jeux d'arcade, entre autres. Ces appareils sont modifiés en vidéo poker ou bingo, le joueur mise de l'argent bien plus important qu'une partie de jeu vidéo ou d'une connexion Internet mais en contrepartie, il peut gagner énormément, et ce, sans aucune stratégie. Si le joueur gagne, il peut discrètement recevoir ses gains aux toilettes du bar par exemple, directement des mains du cafetier. Ce dernier se partage l'argent engrangé avec celui qui a placé les machines transformées. Le placier fait partie d'un réseau, d'intermédiaires ou de gangs qui verseront la totalité des mises au "caïd". Le milieu est très violent, notamment dans le Sud, et obtenir des "parts de marché" n’est pas une mince affaire. Le fisc perdrait 200 millions d'euros chaque année dans ce secteur.

Faut-il légaliser les machines à sous clandestines ?

Le manque à gagner vient également des problèmes de répression. Les dénonciations sont rares, les services de police du département doivent se contenter de longues observations, souvent nocturnes, pour pouvoir interpeller. Ensuite, il y a la difficulté des saisies et de l’obtention des preuves.

Le lobby des cafetiers, appuyé par l'UMIH (Union des Métiers et de l'Industrie de l'Hôtellerie), a proposé l'autorisation d'exploitation de machines à sous récréatives et bridées dans les bars afin de concurrencer les fast-foods et les jeux de hasards clandestins. C'est la proposition déjà déposée par le Sénateur Nicolas About en janvier 2001 tout en soulignant le caractère "criminogène" des machines à sous illégales. Ainsi, il a proposé l'agrément de l'administration pour la fabrication et l'exploitation de machines à sous légales qui seront toutefois interdites aux mineurs et respectant le périmètre autour des écoles et les établissements de santé.

Les machines à sous en ligne fictives, une alternative à l'illégalité

Une alternative aux machines a sous clandestines pourrait aussi être l'utilisation dans les bars de machines à sous en ligne fictives que l'on peut trouver sur de simples comparateurs de machines à sous en ligne accessibles gratuitement. Il est simple d’imaginer l'accès à plusieurs milliers de machines à sous grâce à différents ordinateurs connectés à la Wifi du bar. Cela servirait uniquement de divertissement aux consommateurs du bar et la mise en place d'un tel dispositif serait beaucoup moins coûteuse. Il est toutefois important de noter qu'en France, le monde du casino en ligne est toujours très contrôlé, les joueurs Français peuvent donc uniquement jouer aux machines à sous sans miser de l'argent réel. Pour pouvoir jouer aux machines à sous en toute légalité, ils devront se contenter de l'offre que proposent les casinos terrestres.

On pourrait aussi imaginer un partenariat entre les bars et les opérateurs agréés par l'Autorité des Jeux en Ligne (Arjel), de cette façon, cette autorité pourrait toujours s'assurer de la sécurité et de la fiscalité de ce marché. Reste à voir ce que décidera l'UMIH dans les jours qui viennent.

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