Abandon de la taxe poids lourds : une erreur stratégique à 1,6 milliard d’euros

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Par Julien Bayou Publié le 22 avril 2014 à 10h37

Abandon de la taxe poids lourds, gâchis à 1,6 milliard d’euros et l’abandon de toute ambition de transport durable des marchandises : une erreur stratégique et historique.

Alors que le Giec tire la sonnette d’alarme sur l’emballement du dérèglement climatique dans une indifférence insupportable.

Alors que le premier ministre annonce des économies destinées à financer un pacte de responsabilité d’une efficacité plus que douteuse on apprend que l’écotaxe pourrait être purement et simplement enterrée.

De dates d’application reportées en commission d’études, l’écotaxe est toujours suspendue. La ministre de l’écologie a récemment proposé de cibler uniquement les camions étrangers circulant en France après avoir pourfendu l’écologie punitive.

Alors soyons clairs: il ne s’agit pas de punir qui que ce soit, ni de faire du territoire français un territoire excluant pour les camions étrangers (ce qui est absolument impossible par ailleurs puisque contraire au droit communautaire). Il s’agit uniquement d’appliquer un principe simple : pollueurs payeurs et de permettre d’utiliser cette taxe pour effectuer du report modal, développer le fret et la voie d’eau et ainsi diminuer de manière importante nos émissions de carbone, les nuisances sonores et les pollutions aux particules fines. Bref il s’agit d’un enjeu de santé publique et d’avenir de note société.

C’est l’absence d’écologie qui est punitive et non l’écologie. Nous avons besoin de limiter le recours au diesel et de diminuer le transport par camion, c’est là une mesure de bon sens mais surtout d’urgence nécessaire.

Pas d’enterrement de première classe sur un sujet aussi grave.

Surtout que taxer les poids lourds de plus de 3,5 tonnes permettait de financer notamment des infrastructures de transport durable et collectif. Quelque 120 projets ont répondu à l’appel d’offres et voient aujourd’hui leur sort suspendu à celui de l’écotaxe. Plus de 6 milliards d’euros d’investissements sont en jeu: lignes de bus, lignes de tramway, lignes de métro, funiculaires, téléphériques urbains, navettes fluviales…

Comment imaginer que le gouvernement abandonne ainsi une recette de plus d’1,6 milliard d’euros (contrat avec Ecomouv et contribution aux projets d’infrastructures de transport) et ces investissements d’avenir alors qu’on va faire peser sur les plus fragiles (RSA, retraités…) le financement d’un pacte de responsabilité inutile car non-ciblé ?

avec Sandrine Rousseau, porte parole nationale.

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