Conflit ukrainien : la France ne livrera pas de « Mistral » à la Russie, il va falloir trouver 1,2 milliard…

Par Olivier Sancerre Modifié le 4 septembre 2014 à 4h13

La France a fini par lever l'ambiguité autour du sort des navires militaires Mistral à la Russie : si Vladimir Poutine veut équiper son armée avec cet équipement, les combats devront cesser en Ukraine.

L'Élysée bloque la livraison

L'Élysée a fait savoir sa position à la suite d'un conseil restreint de défense. Le communiqué explique que « les conditions pour que la France autorise la livraison du premier BPC [Bâtiment de projection et de commandement] ne sont pas à ce jour réunies ». La perspective d'un cessez-le-feu entre la Russie et l'Ukraine étant bien loin d'être mis en œuvre, François Hollande a donc décidé de ne pas autoriser le départ du premier navire, qui devait rejoindre son port d'attache russe à partir du 1er novembre.

Néanmoins, cette livraison pourrait avoir lieu si Moscou changeait son fusil d'épaule et si la situation sur le terrain s'améliorait, ce qui pour le moment ne semble pas être le cas. Même si on sent bien que la Présidence de la République a pesé le moindre mot de cette déclaration, cette décision tranche néanmoins radicalement avec la position tenue jusqu'à présent par la France, qui était d'assurer la livraison du premier BPC quoi qu'il arrive, à moins que les sanctions décidées par l'Union européenne l'en empêche.

Une situation dégradée

Si l'armée russe souhaite réceptionner la première partie de sa commande à 1,2 milliard d'euros, il lui faudra arrêter les hostilités contre les troupes de Kiev. « Les actions menées récemment par la Russie dans l'est de l'Ukraine contreviennent aux fondements de la sécurité en Europe », continue le communiqué de l'Élysée, qui se laisse tout de même une porte de sortie. Qu'est-ce qui déterminera si la situation est suffisamment apaisée pour autoriser la livraison du premier Mistral ? Sans doute le Conseil de défense, qui a examiné la situation ukrainienne et actuellement, elle se dégrade de jour en jour.

Cette rupture du contrat avec la Russie (qui date de 2011) risque d'avoir des répercussions économiques sur le chantier naval STX de Saint-Nazaire, où les bâtiments sont en partie construits.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.