-37 dollars pour un baril de pétrole !

Par Olivier Sancerre Modifié le 21 avril 2020 à 11h44
Petrole Prix Negatifs 2
37,63 DOLLARSLe cours du baril de WTI a terminé à -37,63 $.

Le baril de pétrole WTi (West Texas Intermediate) qui concerne le marché nord américain est tombé ce lundi 20 avril à un niveau historiquement bas. À tel point qu'il est entré en zone négative : -37 $ !

La situation pourrait se résumer de la manière suivante : les producteurs de pétrole sont si désespérés d'écouler leur pétrole qu'ils sont prêts à donner de l'argent à leurs clients ! Le baril WTI côté à New York et qui fait autorité en Amérique du Nord a atteint ce lundi 20 avril un niveau négatif : -37,63 dollars le baril. Un prix qui n'intéressera que les acheteurs ayant conclu des contrats à terme arrivant à échéance à minuit. Néanmoins, la baisse pourrait se poursuivre et concerner davantage de clients si elle se poursuivait. Et il y a des chances pour que ce soit le cas : les réserves sont pleines partout dans le monde et personne n'achète de pétrole actuellement.

En zone négative

Cette situation inédite est la conséquence directe de la crise du coronavirus, qui paralyse une bonne partie des industries et des transports. Les usines n'ont pas besoin de pétrole pour fonctionner, les automobilistes ont remisé leurs voitures au garage, les avions sont cloués au sol. Quant aux États, ils ont profité des baisses récentes pour faire le plein de leurs réserves stratégiques à prix cassé. L'autre raison de cet effondrement de l'or noir, c'est la dispute entre l'Arabie saoudite et la Russie qui a provoqué un surplus de l'offre sur un marché où la demande était déjà faible.

Choc historique et d'ampleur planétaire

L'Opep et ses partenaires producteurs de pétrole ont fini par trouver un terrain d'entente qui réduit la production d'environ 10 millions de barils par jour. Mais c'est insuffisant pour soutenir des cours très déprimés. L'organisation a estimé que la consommation allait baisser à 92,82 millions de barils par jour en 2020, une baisse de 6,85 millions par rapport à l'année dernière. Ce serait la première baisse annuelle de la consommation pétrolière mondiale depuis 2009 et la crise financière. L'Opep a aussi dit craindre « un choc historique, brutal, extrême et d'ampleur planétaire ».

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.