Le monde sauvé par la démographie ?

84 %
84% des jeunes occidentaux se déclarent inquiets à propos du
réchauffement climatique

Il est annoncé depuis plusieurs décennies par le mouvement écologique et certains démographes que nous allons vers une catastrophe mondiale, allant jusqu’à ne plus pouvoir vivre sur terre par la prolifération de l’humain et par conséquent, un manque de ressources et d’atmosphère respirable.

Depuis la chute de l’Empire romain, pas moins de 183 fins du monde ont été annoncées. En 167 avant Jésus Christ, c’est la première annonce de fin du monde. Daniel dans l’ancien testament prévoyait l’apocalypse suite à la profanation du Temple de Jérusalem par le roi Anthios IV.

Je reprends l’un des titres écrits depuis plusieurs années :

Surpopulation ou extinction : Avec 10 milliards d’humains en 2050, que deviendra l’espèce humaine ?

Selon certains militants écologistes, nous serions alors beaucoup trop à gaspiller les ressources de la planète, favoriser de nouvelles pandémies et même pour nous nourrir. Devrions-nous alors arrêter de faire des enfants ?

Différents mouvements mondiaux prônent de diminuer les naissances et même de les stopper.

Argument : Chaque enfant en moins permettrait d’éviter d’émettre 58 tonnes de CO2 par année (soit 50 aller-retours Paris-New York)

Le mouvement mondial Ginks (Green inclinaisons, no Kids) et la génération Z seraient prêts à tirer une croix sur leur potentielle progéniture. « Si nous voulons sauver cette planète, nous n’avons pas d’autre choix que d’aborder le problème de la surpopulation humaine ».

Une étude parue dans The Lancet Planetary Health montre une population de plus en plus touchée par l’éco-anxiété ou solastalgie. 84% des jeunes occidentaux se déclarent inquiets à propos du réchauffement climatique, 59% extrêmement inquiets et 40% hésitent à faire des enfants.

Deux types d’arguments sont généralement avancés pour justifier ce choix : Il n’est pas possible de projeter un enfant dans le monde actuel avec les problèmes qui le guettent, entre le réchauffement climatique, la crise énergétique et les risques d’effondrement de nos sociétés. Il existe aussi un sentiment d’être dans une impasse anthropogénique, comme une partie des jeunes et moins jeunes qui font ce choix.

Cette démarche est surreprésentée chez les effondristes qui s’interrogent sur les risques systémiques qu’encourt la planète et demandent de se préparer à l’effondrement.

Par contre la solastalgie est une forme de dépression décrite par Antoine Pelissol, psychiatre au CHU Henri-Mondor de Créteil dans son livre « Les émotions du dérèglement ». Autre livre sur ce thème : « Comment rester écolo sans devenir dépressif » par Laure Noulhat chez Tana Editions. Les stérilisations et vasectomies commencent à « fleurir »

D’autres encore se tournent vers la « Collapso heureuse » en référence au groupe Facebook de 30.000 membres qui est une approche sensiblement différente de celle de Pablo Servigne.

Cette perspective d’extinction n’effraie guère certains membres du mouvement Deep Green Resistance qui soulèvent bien d’autres questions : la natalité, l’adoption (comme alternative), l’espérance de vie (qui accroît notre empreinte carbone), la consommation, la religion, la foi (ou non) dans le progrès, la croissance et, plus globalement, les fondements du capitalisme.

Autre point très important à prendre en compte selon un titre des Echos: « Demain, un monde de supercentenaires »

Certains spécialistes du vieillissement, tel le scientifique David Sinclair professeur de génétique à la Harvard Medical School : « La vieillesse n’est pas une fatalité, lorsque la vie avance, c’est l’apparition des dégénérescences de notre enveloppe biologique. Toutes les dernières études nous poussent à croire qu’avec l’évolution de la recherche, la mort surviendra vers 120, 130 ans, voire 150 ans. Demain les 120 ans seront certainement la norme. Quatre, voire cinq générations pourraient vivre simultanément dans une même famille.

Cette longévité ne sera pas due qu’aux progrès scientifiques, elle se fera par une prise de conscience, liée également par le mouvement écologique : la diminution calorique des repas, plus de mobilité physique donc une hygiène de vie tendant à celle d’un moine franciscain !!

Avec tous les progrès scientifiques, il n’y aurait plus de morts par vieillesse mais accidentelles, brutales ou voire choisies. La mort selon Montaigne dans son essai de 1595, consacré à l’âge « C’est bien la borne au-delà de laquelle nous n’irons pas, et que la loi de la nature a prescrite pour n’être point outrepassée ».

Malgré toutes ces contradictions, que se passera t-il vers 2100 ?

Si nous reprenons les taux de natalité dans le monde, presque tous les pays ont eu une baisse de natalité et même les plus prolifiques aussi, tel l’Afrique.

Plus le niveau de vie a augmenté, plus le taux de naissances a baissé, même s’il existe quelques variables.

Un cas d’école : La population française et allemande.

Un siècle et demi après avoir été dépassée par la population de l’Allemagne, celle de la France pourrait donc la dépasser à son tour. Cette dernière a augmenté de 5,3% alors que la population allemande a diminué de 0,6%. Sans l’immigration la population allemande aurait diminué de 2,2%.

Les projections moyennes des Nations unies annoncent que la population de la France pourrait rattraper celle de l’Allemagne. Mais attention le taux français tend à diminuer depuis quelques années, ce qui éloignerait le rattrapage.

En ce qui concerne le monde, l’ONU constatait qu’en 2021 la fécondité moyenne de la population mondiale était de 2,3 naissances par femme au cours de la vie, puis atteindrait 2,1, soit le taux qui permet de stabiliser la population.

Selon une étude de l'Université de Washington, la grande majorité des pays feront face à une diminution de leur population d'ici 2050. A l’échelle mondiale, l’étude entrevoit un pic de la population atteint en 2064 avec 9,7 milliards avant un fléchissement.

A l’horizon 2100, cinq pays africains feraient partie des plus peuplés de la planète : l’Egypte, la République démographique du Congo, l’Ethiopie, la Tanzanie et le Nigéria.

En ce qui concerne l’Europe, au rythme où vont les choses, la population devrait diminuer de moitié avant 2070. Le continent risquant de perdre 400 millions d’habitants d’ici à 2100.

Pour le monde, une population vieillissante entraînerait normalement un taux de mortalité qui devrait augmenter fortement. Selon cette étude, les courbes de la natalité et celle de la mortalité pourraient se croiser entre les années 2080 et 2090, expliquant une baisse drastique de la population mondiale.

Par contre selon l’ONU, nous serions 8 milliards d’êtres humains sur terre dès la fin d’année 2022. Une tendance à la hausse qui devrait se poursuivre pour que d’ici à 2100, la population mondiale atteigne 10,4 milliards d’individus. Mais ces projections ne font pas l’unanimité. Selon James Pomeroy, la date de démarrage du déclin devrait être atteint en 2043. Selon lui, celui-ci devrait même être plus important suite à plus d’intégration de femmes au travail et atteindre un chiffre divisé par deux en 80 ans soit 4 milliards en 2100 qui s’expliquerait selon lui par la baisse de la natalité et une mortalité en hausse due au vieillissement de la population surtout dans les nouveaux pays africains.

Deux autres démographes Jacques Véron et Bruno Schoumaker sont plus modérés. Ils annoncent que vraisemblablement ces adaptations se feront mais pas à cette vitesse-là.

Une des raisons qui milite contre le scénario de James Pomeroy de HSBC, est l’inertie démographique. La plupart des personnes qui vivront en 2050 sont déjà nées et le comportement de celles en âge de procréer peut être estimé de manière crédible. En 2050, l’effet d’inertie sera majeur, il représentera à peu près les deux tiers de l’évolution. Après 2050, la croissance de la population se poursuivra mais à un rythme nettement moindre. Le vieillissement prenant le relai de la natalité mais jusqu’à quand ?

A rebours de l’ONU, une étude américaine publiée dans The Lancet prévoit une baisse de la démographie mondiale à partir de 2064, après un pic de 9,7 milliards, le nombre d’habitants devrait décliner pour retomber à 8,8 milliards en 2100. L’ONU avait prévu 2 milliards de plus.

En conclusion, il semblerait que la population mondiale au mieux stagnerait et même diminuerait avant 2100. Ce qui serait une bonne nouvelle pour la planète, les milieux écologiques et même pour les partisans de la décroissance.

www.danielmoinier.com


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Daniel Moinier

Daniel Moinier a travaillé 11 années chez Pechiney International, 16 années en recrutement chez BIS en France et Belgique, puis 28 ans comme chasseur de têtes, dont 17 années à son compte, au sein de son Cabinet D.M.C.

Il est aussi l'auteur de six ouvrages, dont "En finir avec ce chômage", "La Crise, une Chance pour la Croissance et le Pouvoir d'achat", "L'Europe et surtout la France, malades de leurs "Vieux"". Et le dernier “Pourquoi la France est en déficit depuis 1975, Analyse-Solutions” chez Edilivre.