59 % des Français sont favorables à la nationalisation temporaire du site de Florange

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Par Frédéric Latrobe Modifié le 30 novembre 2012 à 5h46

"Nous ne voulons plus de Mittal en France." Si ces propos, tenus ce lundi par Arnaud Montebourg dans les Echos, avaient par la suite été tempérés, leur vigueur semblaient toutefois avoir choqué. L'idée même de nationalisation rappelait les années Mitterrand et la "soviétisation" de mai 1981 pour certains. Mais au vu de ce dernier sondage Tilder-LCI-OpinionWay publié ce jeudi 29 novembre à 18h00, les Français approuveraient à 59 % la nationalisation temporaire du site de Florange. De plus, 56 % d'entre eux soutiennent la méthode Montebourg. Un résultat très proche du sondage publié le même jour à 12h00 par Economie Matin et réalisé par Toluna Quicksurveys et qui donnait 63 % de Français favorables à la nationalisation (43 % en tenant compte du fort taux de "ne se prononce pas").

Le dossier du site de Florange occupe l'actualité depuis des mois car il était déjà à l'agenda sous l'ère Sarkozy. Même s'il faut attendre la fin du délai de réflexion, cette adhésion à l'idée d'une nationalisation temporaire est à l'image du soutien dont elle bénéficie de la part de l'ensemble presque unanime de la classe politique. Le gouvernement sur ce point a bien maîtrisé sa communication : il s'est appuyé sur le désarroi des salariés du site, il a alimenté le rapport de force contre Mittal et il arrive enfin avec une proposition qui apparaît raisonnable au regard des finances publiques. Il gère ce dossier en terme de crédibilité industrielle car c'est selon lui un dossier du "passif" de Nicolas Sarkozy.

Il y a un fossé entre la lecture qui est faite de cette nouvelle sortie du Ministre du Redressement productif et la réalité de l'opinion : depuis cette déclaration, on a parlé d'excès, de dérapage et de récupération du dossier par l'Elysée pour calmer le jeu. Or, visiblement, les Français adhèrent à la méthode et souhaitent la manière forte sur la forme, et tant pis si le fond passe pour démagogique. A travers son activisme, Arnaud Montebourg cultive sa singularité : il se taille un costume de "super héros" face au géant indien comme il a été le "super héraut" du Made in France. De plus, il cultive ainsi son statut d'inclassable en prenant à contre pied ses interlocuteurs : après les tensions sur Peugeot PSA, le patronat pensait avoir apaisé la situation avec le ministre avec le pacte de compétitivité...C'était sans compter sur une stratégie de l'esquive et de la surprise qui pour l'instant porte ses fruits là où l'Elysée et Matignon sont dans une communication plus attendue et attentiste. Dans l'opinion, le rapport de force passe mieux que la reculade.

Fiche Technique :
Etude réalisée auprès d’un échantillon de 1003 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus pour Tilder et LCI. L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d’agglomération et de région de résidence. Mode d’interrogation: L’échantillon a été interrogé en ligne sur système Cawi (Computer Assisted Web Interview). Dates de terrain : les interviews ont été réalisées du 27 au 28 novembre 2012.

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Ancien chef du service politique à BFM Radio, Frédéric Latrobe est aujourd'hui directeur associé chez Tilder, un des leaders du conseil en communication pour les Directions Générales des grandes entreprises.

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