La NCAA, une dictature à l’américaine

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Par Valentin Nonorgue Modifié le 2 octobre 2019 à 9h33
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1,3Les playoffs universitaires de basket-ball ont généré 1,3 milliards de dollars rien qu'avec les campagnes publicitaires.

Ce lundi Draymond Green, star NBA des Golden State Warriors a fait une sortie éclatante, qualifiant la NCAA de « dictature ». Retour sur une spécificité du sport business américain, le système sportif universitaire…

Championnat universitaire de renom, la NCAA se décline sur plusieurs disciplines sportives, les deux principales étant le football américain et le basket-ball.

Leur ampleur sportive et marketing est telle que les diffuseurs et les annonceurs s’en donnent à coeur joie pour acquérir les grands matches ou les futures stars du sport. Pour se faire un ordre d’idée il n’y a qu’à regarder les revenus générés par les phases finales de la NCAA Basketball, ou March Madness. Selon Statista, elles se classent en deuxième position des sports américains, devant sa grande soeur, la toute-puissante NBA. En 2018, les playoffs universitaires de basket-ball ont généré 1,3 milliards de dollars rien qu’avec les campagnes publicitaires.

Des proportions dantesques qui posent forcément de nombreuses questions en coulisses…

Car ces revenus doivent bien être partagés entre les différents acteurs. Les premiers qui sont bien récompensés sont les entraîneurs, comme celui de l’université de Duke qui reçoit 9 milliards de dollars par an. Le souci est que le coeur du spectacle, autrement dit les joueurs, ne peuvent pas être rémunérés pour leurs performances puisque le système de la fédération universitaire l’interdit.

Par définition, les joueurs sont des étudiants, et ne peuvent pas être rémunérés comme des professionnels. Partant de ce postulat, la NCAA n’octroie pas aux jeunes la capacité de négocier leur image et leur talent. Un beau scandale pour les protagonistes qui génèrent donc des millions sans en percevoir un dollar. Ils espèrent donc se faire remarquer par les équipes de NBA pour enfin vivre de leur passion (ou de leurs performances) mais qui donnent corps et âme pour leur université au cours de la saison.

Début septembre, la star du basket-ball LeBron James est monté au créneau pour la cause des athlètes universitaires. Lui qui empoche 37 milliards de dollars cette saison s’est dit favorable à un projet de loi californien qui prévoit une rémunération pour les étudiants sportifs. James clame qu’avec cette mesure, il est possible de « créer une politique nationale qui soit juste pour les athlètes ». En bref, tout le contraire de la situation actuelle.

Car si le système reste tel quel, les déviances - déjà fortement présentes - vont se faire de plus en plus fréquentes. Les jeunes stars dont le parcours vers la NBA est déjà tracé ont conscience de ce manque à gagner et peuvent être amenés à tirer avantage de leur côte par d’autres biais. Zion Williamson, nouveau phénomène de NBA qui écrasait tout sur son passage en NCAA, a d’ailleurs fait l’objet d’une enquête du FBI. À l’aube de la saison 2018-19, ses discussions avec les différents établissements qui le courtisaient tournaient autour d’avantages en nature (occupations personnelles, argent liquide et maison pour sa famille).

Cependant, si la NBA soutient la ligue universitaire, c’est bien car elle lui permet d’obtenir des rookies à bon prix. Car si ces jeunes étaient déjà payés pour jouer à la fac, ils seraient d’autant moins impressionnés par les montants des premiers contrats. Une spécificité qui sied donc bien aux franchises de la Grande ligue.

Des failles et/ou injustices qui peuvent également amener des joueurs prometteurs à « sauter » l’étape de l’université. C’était le cas de LeBron James en 2003, passé directement du lycée à la NBA et qui perdure toujours au plus haut niveau…

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Etudiant en journalisme et passionné de sport, Valentin Nonorgue est un membre de l’Observatoire du Sport Business. Il est également co-fondateur de Legendary, podcast vidéo sur les légendes de la NBA, et chroniqueur pour Parlons Basket.

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