Numericable-SFR : l’Autorité de la concurrence valide la fusion

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Par Damien Nevers Modifié le 28 octobre 2014 à 19h14

Attendue depuis le milieu de l’été, la décision de l’Autorité de la concurrence au sujet du rachat de SFR par Numericable vient finalement de tomber. L’Autorité valide, sans grande surprise, ce rapprochement qui bouleverse l’univers des Télécoms. Plusieurs conditions ont toutefois été émises, lesquelles ne devraient pas gêner une entreprise dont les principaux indicateurs économiques sont dans le vert.

Une validation bénéfique pour la concurrence

Lorsque le 30 juillet dernier, l’Autorité de la concurrence s’est saisie du dossier Numericable-SFR, les commentaires ont été nombreux pour dénoncer un rapprochement à l’antithèse du principe de la concurrence. Trop gros, trop fort, le nouveau groupe mettrait un frein aux lois du marché qui s’exercent de fort belle manière dans les Télécoms depuis plusieurs années. Le ministre de l’Économie d’alors (Arnaud Montebourg) ne cachait pas son scepticisme. En vain.

Un scepticisme pas partagé par l’Autorité de la concurrence qui, après des mois d’examen, vient d’autoriser la fusion entre les deux acteurs des télécoms. Les risques d’un refus étaient minces, car comme le soulignait le Conseil de surveillance de Vivendi (principal actionnaire de SFR avant de vendre la majorité des parts au groupe Altice) «l’offre d’Altice/Numericable présente les risques les moins élevés en matière de concurrence ». Le cœur d’activité de SFR étant le mobile alors que Numericable se taille la part du lion dans le domaine de la fibre optique.

L’autorité de la concurrence a toutefois posé quatre conditions pour une validation définitive du deal. Altice devra céder son réseau mobile (Outremer Télécom) à Mayotte et à La Réunion. Il en va de même pour le réseau DSL de Completel (filiale entreprise de Numericable) qui sera cédé « à un opérateur capable d’animer la concurrence sur le marché ». Le groupe devra également ouvrir son réseau câblé aux opérateurs concurrents (fournisseurs d’accès Internet et MVNO).

Ces conditions négociées avec Numericable constituent de nouvelles opportunités pour une concurrence qui peut récupérer des actifs très intéressants qu’ils n’auraient jamais eu l’occasion d’acquérir sans les conditions émises par l’Autorité de la Concurrence. Enfin, Vivendi, qui reste actionnaire de SFR à hauteur de 20 % ne pourra pas accéder à des informations stratégiques dans le domaine de la télévision payante où Numericable compte parmi ses concurrents. Les cartes des Télécoms sont rebattues une fois encore et les réactions d’Orange et de Free finiront de dessiner le visage nouveau de ce secteur.

Des voyants économiques dans le vert

La fusion aura donc bien lieu et sera effective avant 2015. Eric Denoyer, patron de Numericable devient directeur général de SFR-Numericable, Patrick Drahi accède logiquement à la présidence du groupe alors que l’actuel PDG de SFR, Jean-Yves Charlier, prend les habits de conseiller du président. Un nouveau schéma organisationnel qui devra trouver les solutions pour ne pas commencer ce nouveau chapitre prometteur sur une fausse note. Le coût de l’opération reste élevé puisque le câblo-opérateur affiche une perte nette de 13,5 milliards d’euros en cash liée à l’opération en cours.

Cette difficulté passagère ne doit pas cacher les bons résultats trimestriels de Numericable. Le câblo-opérateur – désormais deuxième acteur derrière Orange – continue d'accroître son nombre d'abonnés (+7 %), le chiffre d'affaires progresse à 4 % sur un an (332 millions d'euros). Le revenu moyen par utilisateur, outil statistique très utilisé dans le domaine des télécommunications, progresse de 10 % et atteint 43 euros quand celui d'Orange n'est que de 23 euros. Seule ombre au tableau, le nombre d'abonnés au seul service TV est en baisse de 16 %. Un mauvais chiffre à relativiser dans le contexte de big bang provoqué par la validation définitive de l'Autorité de la concurrence d'une fusion qui fera date dans le monde des Télécoms.

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Entrepreneur dans le numérique après de nombreuses expériences comme Chef de projet dans les secteurs du BTP et des Télécoms. 

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