Optimisation fiscale : Ikea aussi subit les foudres de l’Europe

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Par Laure De Charette Publié le 14 février 2016 à 21h57
Ikea
24Pour la France, le manque à gagner serait de 24 millions d'euros par an.

On connaissait les Gafa (Google, Amazon, Facebook, Apple), passés maîtres en matière d’optimisation fiscale. On pourrait désormais ajouter à ce quatuor l’entreprise suédoise Ikéa. Elle aussi ne paierait pas suffisamment d'impôts en Europe au regard des revenus encaissés.

Une "stratégie de planification fiscale agressive"

Des eurodéputés verts se sont émus récemment dans un rapport d'enquête du comportement fiscal d’Ikéa, le numéro un mondial de l'ameublement. Ils dénoncent une "stratégie de planification fiscale agressive". Rien de moins !

Concrètement, IKEA utiliserait des échappatoires fiscales aux Pays-Bas, en Belgique et au Luxembourg.

Comme l’explique le Journal du Dimanche, la technique utilisée par Ikéa est simple : chaque magasin de la chaîne suédoise procède au paiement de redevances ("royalties") à une filiale basée aux Pays-Bas qui joue seulement un rôle de "conduit". Les redevances entrent et sortent des Pays-Bas non taxées et aboutissent en grande partie au Liechtenstein.

En tout, elle aurait soustrait à l’impôt plus d'un milliard d'euros ces six dernières années rien qu’en Europe.

L’entreprise pointée du doigt a assuré qu’elle payait "ses impôts conformément aux législations nationales et internationales", dans un mail.

La France subirait un manque à gagner important : environ 24 millions d'euros auraient dû rentrer dans les caisses de l’Etat en 2014 en provenance des comptes bancaires d'Ikéa.

Un manque à gagner de 1000 milliards d'euros

Depuis le mois d’octobre 2015, les 28 Etats membres ont adopté le principe de l'échange automatique d'informations sur les accords fiscaux passés entre Etats et multinationales. De quoi introduire un peu plus de transparence sur les différents régimes fiscaux en vigueur dans les Etats de l’Union Européenne.

Récemment, Amazon, l’un des quatre Gafa, a promis qu’elle allait régulariser sa situation. Et payer des impôts dans chaque pays où elle perçoit des revenus, y compris en France donc, et non plus seulement au Luxembourg, où elle concentrait l'ensemble de son activité.

La Commission européenne estime à 1000 milliards d'euros par an le manque à gagner à imputer aux multinationales établies sur le territoire européen pratiquant l’évasion fiscale.

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Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.