Le paiement fractionné : une solution pour gérer un budget serré ?

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70% des Français ont déjà utilisé le paiement fractionné.

L’inflation bat record sur record (5,9% en août 2022 selon les données consolidées et révisées de l’Insee) et devrait rester élevée encore tout le long de l’année 2023. Face à la hausse des prix, et malgré plus de 180 milliards d’euros épargnés durant la pandémie, les ménages doivent composer avec un budget de plus en plus serré. Le paiement fractionné, débarqué en France depuis plusieurs années, commence sans surprise à se frayer une place dans les habitudes de consommation. Il est en effet une solution, pour le peu qu’elle soit utilisée à bon escient.

Le paiement fractionné : payer en plusieurs fois pour un coût négligeable

Selon l’étude réalisée par YouGov pour Django, filiale de la Banque Postale spécialisée dans le paiement fractionné, 70% des Français ont déjà utilisé le paiement fractionné. Peut-être sans même le savoir : le paiement fractionné est souvent présenté comme un paiement en une, deux ou trois fois « sans frais ». C’est en réalité un cas particulier de paiement fractionné, nous explique Vanessa Lavergne, Chief Marketing Officer (CMO) de Django : dans le cas du paiement en plusieurs fois sans frais, « le coût est pris en charge par le marchand ».

Dans d’autres situations, une minorité, l’utilisateur paye effectivement des frais, mais ils sont « négligeables », souligne-t-elle. Elle évoque un coût allant de 0,75% à 2,15% de la somme facturée, soit entre 0,75 et 2,15 euros pour un achat à 100 euros. Mais dans ce cas, les frais doivent être clairement communiqués au moment du paiement.

Qu’on l’appelle « paiement fractionné » ou « paiement en plusieurs fois (avec ou sans frais) », c’est bien de la même solution de paiement dont il s’agit. Les deux termes correspondent, en réalité, à une différence d’éléments de langage selon que l’on s’adresse à des professionnels ou des particuliers.

Il s’agit bien d’un crédit, mais pas d’un crédit consommation

Les utilisateurs du paiement fractionné doivent bien avoir conscience qu’il s’agit d’un crédit : « ils sont engagés dans les mensualités », précise Vanessa Lavergne. Néanmoins, il ne s’agit pas d’un crédit à la consommation : outre « un parcours différent et plus fluide, avec une vérification de la solvabilité directement réalisée au niveau de la carte bancaire », le paiement fractionné répond à une réglementation précise. « Le paiement se fait en quatre fois maximum, avec une première échéance le jour du paiement. »

De fait, un paiement fractionné ne pourra jamais avoir une durée supérieure à 90 jours : au maximum, il comprend quatre échéances séparées de 30 jours l’une de l’autre en débutant le jour de l’achat. C’est la différence fondamentale du paiement fractionné avec le crédit consommation : on parle en effet de « crédit consommation » dès lors que le remboursement se fait en plus de 90 jours, que ce soit plusieurs mois ou plusieurs années. Par sa durée très limitée, le paiement fractionné permet donc une meilleure gestion du budget puisque la somme sera intégralement remboursée sous trois mois.

Néanmoins, qui dit crédit dit également engagement et donc des frais de pénalités en cas de non-remboursement. La réglementation les fixe à 8% maximum du capital restant.

Un service qui a ses avantages pour les commerçants

Porté par l’augmentation du commerce en ligne, qui a connu une forte hausse depuis la pandémie et représentait 14,1% des ventes de détail en 2021 selon la Fevad, le paiement fractionné est devenu un service incontournable pour les commerçants en ligne comme les magasins physiques. Et pour cause : il permet « une hausse du taux de transformation et une hausse du panier moyen », souligne Vanessa Lavergne. Il donne également lieu à un effet de « premiumisation » du panier : pouvant payer en plusieurs fois, les clients auront tendance à monter en gamme de produits.

Surtout que le commerçant ne risque pas de pertes : « c’est nous qui portons le risque », souligne Django. « Le commerçant est payé directement lors de la commande pour l’intégralité de la somme. » Le client qui aura opté pour le paiement fractionné, de son côté, remboursera Django qui s’appuie sur La Banque Postale Consumer Finance (LBP CF) pour proposer le prêt et avancer les sommes au marchand.

Le surendettement : un risque qui existe

Reste que comme tout crédit, le paiement fractionné présente un risque de surendettement pour les ménages, et tout particulièrement les plus fragiles. « On défend un paiement fractionné qui se déclenche de manière occasionnelle », explique Vanessa Lavergne. Ce système doit permettre d’étaler des gros achats, planifiés ou subis. Avec l’avantage de coûter moins cher qu’un découvert bancaire. Mais il ne doit pas être utilisé au quotidien ou pris à la légère. « Le paiement fractionné doit être utilisé avec parcimonie. »

Pour éviter le surendettement, il faut « éviter de cumuler les crédits et les BNPL (« Buy Now Pay Later », autre nom du paiement fractionné), et ne pas hésiter à calculer son reste à vivre », conseille Vanessa Lavergne. Un véritable engagement pour Django qui envoie aux clients un récapitulatif des échéances lors de l’achat.

La start-up conseille également d’utiliser l’application « Budget grande vitesse », application gratuite de gestion du budget développée par la fédération CRESUS qui regroupe des associations d’aide aux personnes surendettées en France. « On réfléchit à l’intégrer, en dur, sur notre site dans le futur », nous confie Vanessa Lavergne.


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