Le top 10 des professions les plus touchées par la panne de SFR

Photo Jean Baptiste Giraud
Par Jean-Baptiste Giraud Modifié le 29 novembre 2022 à 10h09

La panne du réseau mobile de SFR a potentiellement touché près de 16 millions de Français, en comptant les abonnés de l'opérateur, et ceux des MVNO, les opérateurs virtuels, comme Prixtel, ou encore ceux de Buzz Mobile.

Mais si certains ne se sont presque pas aperçus du dérangement, d'autres en ont été nettement plus meurtris, le téléphone mobile étant un outil stratégique dans leur activité. Economie Matin a dressé une liste non exhaustive et totalement non statistique des dix professions probablement les plus impactées par la panne de SFR du jeudi 25 juillet 2014.

1. Les cheminots

Et oui, c'est la société Synerail (regroupant Vinci, Axa Private Equity et... SFR) qui prend en charge les télécommunications de la SNCF. Le réseau cellulaire GSM-Rail, composé de relais disposés le long des 3 000 km des voies ferrées, assure la communication entre les trains. Pas de confirmation officielle de dysfonctionnements sur le réseau ferré pour l'instant, mais l'information peur faire froid au dos à plus d'un passager.

2. Les serruriers

Chaque jour, plusieurs centaines de portes sont crochetées par des serruriers disponibles 24h/24 (mais au prix fort) car joignables.. sur leur portable. 26,3 % d'entre eux, si l'on extrapole la part de marché de SFR à leur profession, ont pu pour la première fois faire la grasse matinée tranquillement, voire crocheter d'autres serrures délaissées. Probabilité forte d'une surnatalité au sein de la caste des descendants de Louis XVI, dans neuf mois.

3. Les plombiers

Comme pour leurs homologues serruriers, un robinet qui vous reste dans la main ou un siphon bouché ne souffrent pas l'attente. Cependant si leur réputation n'est pas galvaudée, leur indisponibilité passagère a du faire plus que des dégats des eaux.

4. Les taxis et voituriers de grande remise

Ce sont les taxis des grandes centrales qui ont du se frotter les mains, pour peu que leur terminal électronique n'est pas relié au système informatique via un abonnement data de chez SFR... Tous les autres, uniquement joignables sur leur mobile, petits artisans indépendants, chauffeurs privés pour VIP, ont du apprendre à faire autrement en allant chasser le chaland. Ce matin, réserver un taxi était sans doute difficile, en héler un, plus aisé.

5. Chirurgiens, médecins et infirmières

18 trous ! Les rois du bistouri ont pu terminer leur par hier soir sans devoir tout planter pour une appendicite fiscale urgente. Espérons seulement qu'aucune victime d'AVC, aucun accidenté de la route, n'a eu besoin de l'aide d'un grand spécialiste abonné de SFR pour s'en sortir. Quant aux médecins de SOS Medecins, dans certaines régions, la CB est encore utilisée : sauvés. Quant aux infirmières à domicile, elles n'ont pas eu à soigner des bobos ou des libidos défaillantes.

6. Ingénieurs et informaticiens sous astreinte (bis), chez SFR

Les vaillants chevaliers de l'Octet, pourfendeurs de code source, se sont mis au boulot dès ce matin pour remettre en route le réseau mobile de SFR tombé sous les coups d'un méchant bug. Seulement, combien n'ont pas pu être joints et ne sont pas fait plus de souci que cela, faute d'avoir pu être joints sur leur mobile... SFR ?

7. Chefs de cabinet de ministre, préfet, conseillers techniques, etc

Bon-heur ! Pour une fois, ce co..... de ministre cet im...... de préfet, ne leur a pas pourri leur matinée à les appeler dix fois pour tout comme pour rien. Là encore, probabilité forte de surnatalité dans neuf mois, au sein des familles des esclaves de la République. Pour ceux qui en ont encore une.

8. Les pizzaïlos en estafettes

La fabrication des estafettes a beau s'être arrêtée voici 32 ans, juste avant l'avénement de François Mitterrand (aucun lien prouvé de cause à effet), le pizzaïolo indépendant privilégie toujours l'estafette pour monter son affaire. C'est un des métiers les plus rentables au monde, si l'on écarte les traders (à la peine en ce moment) et les chirurgiens esthétiques (pas encore en prison). Si vous êtes tenté, 19 annonces vous attendent sur l'Argus, dont une estafette bleue (forcément) de 1976, avec seulement 58 000 kilomètres au compteur (qui n'affiche que 5 chiffres...), bradée 1500 euros. Ah, et oui, les pizzaïolos, ce matin, étaient bien à la peine. Seuls les vrais habitués fidèles sont venus chercher leur pizza aux anchois.

9. Les auto-entrepreneurs

Ne possédant ni locaux dédiés ni ligne téléphonique fixe pour la plupart, les auto-entrepreneurs dépendent beaucoup du téléphone portable. Coiffeurs à domicile, dépanneurs informatiques, coursiers, traiteurs... Tous ces métiers risquent d'avoir souffert de la panne du 24 juillet.

10. Les call-girls

Fini le trottoir : des milliers de filles, trop souvent contrôlées par un "mac", trop souvent originaires d'Afrique ou des pays de l'Est, attendent dans une chambre qu'un client les appelle sur leur portable pour une petite visite (vacances obligent). Ce matin, les call-girls abonnées de SFR ont dû regarder la télé, et leurs "macs" évaluer leur manque à gagner.

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Photo Jean Baptiste Giraud

Jean-Baptiste Giraud est le fondateur et directeur de la rédaction d'Economie Matin. Il est également intervieweur économique sur RTL dans RTL Grand Soir (en semaine, 22h17) depuis 2016.Jean-Baptiste Giraud a commencé sa carrière comme journaliste reporter à Radio France, puis a passé neuf ans à BFM comme reporter, matinalier, chroniqueur et intervieweur. En parallèle, il était également journaliste pour TF1, où il réalisait des reportages et des programmes courts diffusés en prime-time. En 2004, il fonde Economie Matin, qui devient le premier hebdomadaire économique français. Celui-ci atteint une diffusion de 600.000 exemplaires (OJD) en juin 2006. Un fonds economique espagnol prendra le contrôle de l'hebdomadaire en 2007.Après avoir créé dans la foulée plusieurs entreprises (Versailles Events, Versailles+, Les Editions Digitales), Jean-Baptiste Giraud a participé en 2010/2011 au lancement du pure player Atlantico, dont il est resté rédacteur en chef pendant un an.En 2012, soliicité par un investisseur pour créer un pure-player économique,  il décide de relancer EconomieMatin sur Internet  avec les investisseurs historiques du premier tour de Economie Matin, version papier. Il a également été éditorialiste économique sur Sud Radio de 2016 à 2018. Jean-Baptiste Giraud est également l'auteur de nombreux ouvrages, dont notamment "Combien ça coute, combien ça rapporte" (Eyrolles), "Les grands esprits ont toujours tort", "Pourquoi les rayures ont-elles des zèbres", "Pourquoi les bois ont-ils des cerfs", "Histoires bêtes" (Editions du Moment) ainsi que "le Guide des bécébranchés" (L'Archipel).

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