La parité euro-dollar fait peur à l’Europe

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Par Claire Bléhaut Modifié le 10 mars 2015 à 14h13
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1,08$1 euro vaut 1,08 dollar, ce mardi 10 mars 2015. C'est son plus bas niveau depuis 11 ans.

Passé jeudi 5 mars 2015 sous la barre de 1,10 dollar, l’euro est aujourd’hui à 1,08 dollar. C’est son plus bas niveau depuis 11 ans. La parité euro-dollar qui semblait inatteignable se rapproche de jour en jours et ses conséquences sont sérieuses pour l’Europe.

Le retour en force des Etats-Unis

Fin 2014, la Deutsche Bank et Goldman Sachs étaient formels. Le dollar remonte face à l’euro grâce à l’économie extrêmement robuste des Etats-Unis qui est retournée progressivement à la normale. Le marché de l’emploi américain compte aussi pour beaucoup dans ce dollar fort. Environ 1,7 million d’emplois ont été créés au cours des douze derniers mois, et leur taux de chômage tombe à 5,50%. On est proche d’une situation de plein emploi selon la Réserve fédérale.

Rappelons que s’il devient plus aisé d’exporter en zone euro grâce à cette baisse de la monnaie, certains prix à l’importation vont sans doute grimper. Comme beaucoup de marques internationales prennent le dollar comme monnaie de référence, des hausses de prix sont à prévoir.

Le cas grec embarrasse Banque Centrale Européenne

L’euro a encore baissé en valeur lorsque M. Draghi a initié son programme d'« assouplissement quantitatif », ou « QE » (pour « Quantitative Easing »).Ce programme débuté le 9 mars, prévoit le rachat des 1 140 milliards d’euros de dette publique et au rythme de 60 milliards par mois. Il permettra de relancer la dynamique des prix en zone euro, alors qu’elle est très faible actuellement. Le QE peut se poursuivre au-delà de septembre 2016, date prévue de son arrêt, si l'inflation n’est pas sur le chemin des 2%.

Ces rachats injectent des liquidités dans le système financier, pour stimuler l’économie, mais diluent encore la valeur de l’euro. Pour Dennis de Jong de UFX.com, « le fait que ce programme aura le moindre impact fait débat ». Le président de la BCE a rappelé que la BCE ne pouvait pas acheter de dette du pays actuellement, mais il a également indiqué que ses prêts d'urgence étaient étendus. De quoi plonger les acteurs du marché des changes dans l’incertitude.

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Journaliste pour Economie Matin depuis janvier 2015, Claire Bléhaut est également dessinatrice et consultante en communication. Elle est diplômée de la Faculté des Sciences Economiques et Sociales de l'Institut Catholique de Paris, et est notamment engagée dans la recherche médicale pour la Sclérose en plaque.

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