Les pétroliers voient leurs bénéfices exploser à plus de 60 milliards

5,7 MILLIARDS €
Le bénéfice net de TotalEnergies a atteint 5,7 milliards d'euros entre
avril et juin 2022.

La question d’une super-taxe sur les profits des géants du pétrole se pose de plus en plus… et certains pays l’ont déjà adoptée. Mais en France, l’idée se heurte aux parlementaires à tendance de droite qui ne veulent pas surimposer les profits de TotalEnergies, première concernée si une telle mesure était adoptée. Sauf que les bénéfices record des compagnies pétrolières ne vont en rien aider à ce que le débat s’apaise…

Compagnies pétrolières : plus de 60 milliards de bénéfices au deuxième trimestre

La publication, entre mi-juillet et début août, des résultats du deuxième trimestre 2022 des grandes majors du pétrole montrent à quel point l’explosion du prix du brut en Bourse, et l’explosion du prix du carburant qui en découle, font du bien à leurs comptes bancaires. BritishPetroleum (BP) a publié un bénéfice net de 9,26 milliards de dollars… deuxième niveau le plus élevé de son histoire après le record de 2008 (là aussi en plein crise pétrolière liée à la crise des subprimes).

Et cette publication permet désormais de faire les comptes concernant les cinq majors du pétrole. ExxonMobil a connu un résultat net de 17,9 milliards (du jamais vu de son histoire), Shell de 18 milliards, TotalEnergies de 5,7 milliards… cumulés, les bénéfices des cinq plus grandes entreprises occidentales du pétrole dans le monde ont atteint 62,5 milliards de dollars sur le seul deuxième trimestre 2022.

La France continue de protéger les superprofits des profiteurs de guerre

Dans ce contexte de gains gigantesques de la part des géants du pétrole, une partie des parlementaires voudrait lancer une supertaxe, notamment afin de financer les mesures en faveur du pouvoir d’achat des français. Une idée qui n’est pas sortie de nulle part : l’Italie, le Royaume-Uni ou encore l’Espagne (pour ne citer que les pays voisins de la France) ont adopté ce type de mesure.

Mais les députés l’ont refusée, sous l’impulsion du gouvernement qui préfère faire appel à la « responsabilité des entreprises », selon les propos de Bruno Le Maire. L’exécutif aura réussi à rallier à sa cause suffisamment de députés pour que la supertaxe soit refusée, malgré plusieurs amendements déposés en ce sens dans le cadre de la loi sur le pouvoir d’achat.

Et les sénateurs, dont la majorité est de droite, ont suivi : le principe d’une taxation des « profiteurs de guerre », comme ils sont appelés, a été rejetée lundi 1er juillet 2022 par les sénateurs de la majorité présidentielle et du parti Les Républicains.

Pas encore de clap de fin sur le sujet de la supertaxe

Si les entreprises qui profitent grandement de l’inflation et de la hausse des prix du pétrole sont sauvées, rien n’est encore joué. Les députés favorables à cette taxation ont rappelé que la Commission européenne elle-même a recommandé une telle supertaxe aux pays membres.

Et l’exécutif a tenu à souligner qu’il fera attention à ce que les entreprises prennent bien leurs responsabilités. Si des mesures efficaces pour réduire la hausse des prix ne sont pas prises, la supertaxe pourrait bien refaire surface dans le cadre du projet de loi de finances 2023...


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