4,4% de déficit en 2014, 21 milliards d’économies en 2015 : le gouvernement fait la girouette

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Publié le 10 septembre 2014 à 7h39

On n'y comprend plus rien : le plan d'économies pour la France pour l'année 2015 serait, selon le journal Les Echos, de nouveau de 21 milliards d'euros. Un retour en arrière après les déclarations de Michel Sapin, ministre des Finances, qui estimait impossible cet objectif à cause de l'inflation basse. Mais entretemps Christine Lagarde est venue taper sur les doigts de François Hollande et sa crique.

Réduire le déficit ou faire des économies ?

Le gouvernement ne réussira, en fait, ni l'un ni l'autre : la réduction du déficit n'est pas à l'ordre du jour, au contraire il devrait augmenter en 2014 par rapport à 2013 ou, au mieux, rester stable ; et le plan d'économies est voué à l'échec.

Niveau déficit public, celui-ci sera de plus de 4% en 2014 avec de bonnes chances de rester stable par rapport à 2013 (soit 4,3% du PIB) voire même, comme le mentionnait Le Point plus tôt dans l'année, d'augmenter et atteindre 4,4%.

Pour 2015, même chose : il y a de fortes probabilités qu'il reste au-dessus de 4%, bien loin des 3% voulus par Bruxelles.

Et concernant le plan d'économies, le gouvernement a annoncé qu'il maintenait le cap de 21 milliards d'économies en 2015. Or, le ministre des Finances Michel Sapin avait déclaré que ce cap n'allait pas être tenable à cause de l'inflation basse. En supposant qu'il connaisse un peu son sujet, il y a de fortes chances que ce soit vrai...

Quand Christine Lagarde tape sur les doigts du gouvernement

Mais qu'est-ce qui a bien pu contraindre le gouvernement à revenir sur ses annonces, chose à laquelle on devrait être habitués maintenant mais qui étonne toujours autant ? Christine Lagarde, présidente du FMI.

L'ancienne ministre de l'Economie française avait, lors d'une interview, estimé que l'inflation basse n'était pas une raison suffisante pour réduire le plan d'économies. Point par point, tout l'argumentaire du gouvernement avait été détruit par la présidente du FMI.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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