Les plateformes de livraison lutteront contre la sous-traitance de comptes

Par Anton Kunin Modifié le 6 avril 2022 à 7h37
Syndicat Cgt Livreurs Deux Roues Deliveroo
300Uber Eats déclare désactiver chaque mois « entre quelques dizaines et 300 faux comptes ».

Uber Eats, Deliveroo, Stuart et Frichti viennent de signer une charte avec le ministère du Travail qui les oblige à lutter contre la sous-traitance de comptes sur leurs plateformes.

Le ministère du Travail se saisit du problème des travailleurs « fantômes » sur les plateformes de livraison

La sous-traitance de comptes est monnaie courante sur les plateformes de livraison. Très souvent, les livreurs inscrits prêtent leur mot de passe voire leur téléphone à des tiers (souvent des sans-papiers ou des mineurs) qui se substituent à eux pour faire les livraisons. Il s’agit parfois de se faire aider pour parvenir à effectuer le nombre requis de livraisons et gagner le nombre requis de points sur une journée, leur permettant de toucher un juteux bonus. Dans d’autres cas, il s’agit d’un accord oral avec un tiers, qui reversera au livreur inscrit une commission sur les sommes gagnées en son nom.

Afin de faire cesser ces pratiques, la charte que vient de signer le ministère du Travail avec les plateformes Uber Eats, Deliveroo, Stuart et Frichti prévoit que les applications demandent une fois par semaine au livreur de prendre un selfie pour pouvoir continuer à utiliser l’application. Si le visage sur la photo prise ne correspond pas, le compte est bloqué.

Les livreurs devront fournir tous les mois des justificatifs

Les plateformes ont aussi l’obligation de demander au livreur tous les mois la fourniture des mêmes documents qu’il avait fournis pour faire créer son compte, une manière sans doute de faire partir de la plateforme les étrangers qui n’ont pas de titre de séjour en cours de validité. Un contrôle supplémentaire doit par ailleurs être effectué dès lors que le chiffre d'affaires associé à un compte dépasse les 5.000 euros.

Deliveroo, l’un des signataires de la charte, est d’ailleurs jugé en ce moment même pour travail dissimulé par le tribunal correctionnel de Paris. Au cœur de l’affaire, justement, ces travailleurs « fantômes » qui utilisent les comptes d’autres personnes… bien que cette plateforme, de même qu’Uber Eats, dispose déjà d’un système de contrôle par selfie tel qu’il est demandé dans la charte.

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