Le mauvais plein emploi

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Par Sophie de Menthon Publié le 7 juin 2022 à 7h31
Cabinets Recrutement
1645,58 EUROSLe SMIC est de 1.645,58 euros brut par mois depuis le 1er mai 2022.

Les chefs d’entreprise n’arrivent pas à recruter. Et pourtant, on vante la perspective du plein-emploi… Les entrepreneurs du Mouvement ETHIC (Entreprises de Taille Humaine Indépendantes et de Croissance) ont des explications et des solutions de bon sens :

- Durcir les conditions d’obtention du chômage. En France, on « se met au chômage » facilement, il suffit de :

  • Ne pas se présenter trois fois à son travail et le chômage est automatique (après lettres recommandées de l’employeur).
  • Prendre un travail six mois et le quitter, puis exercer en indépendant déclaré ou pas, et recommencer.

Pour certains, on alterne avec stratégie, les périodes de chômage, les emplois et l’obtention d’avantages financiers…

- Pour certains secteurs d’activités, le chômage technique et les aides persistent alors qu’il n’y a pas lieu.

Prendre exemple sur d’autres pays comme la Suède : baisser drastiquement le chômage au bout de quelques mois mais accompagner fortement le demandeur (formations, contrôles…).

- Accepter l’idée que nous avons besoin de travailleurs étrangers dans certains secteurs.

Il ne faut pas faire semblant d’ignorer que 20% des employés déclarés, sont dans l’illégalité (faux papiers, etc.).

- Proposer des permis de séjour de la durée du contrat de travail à un salarié sans papiers.

Pour ce salarié une fois que son contrat est terminé, il doit retourner dans son pays ou avoir un autre contrat de travail.

- Revoir le statut des micro-entreprises (auto-entrepreneurs) qui, de très positif au départ, est en train de dériver, car les entreprises qui recrutent en informatique, en communication, en métiers manuels, etc. demandent des indépendants à leur compte. Cela devient une fausse forme d’emploi et de fausses entreprises unipersonnelles. Un caillou dans la politique de l’emploi salarié.

- Prétendre qu’un emploi n’est pas assez payé, et que le manque de salariés vient de là, c’est admettre que le chômage est plus rémunérateur que l’emploi, et qu’on le choisit.

- Revaloriser les salaires ? Ne se fait pas « d’un claquement de doigt » : cotisations sociales - les plus élevées du monde ! -, carnet de commande, problèmes d’approvisionnement, crise économique…

- Inflation : il est encore plus urgent d’alléger les charges qui pèsent sur les entreprises pour augmenter les salaires donc le pouvoir d’achat.

Tout cela ne veut pas dire que tous les demandeurs d’emploi sont des profiteurs !

« La peur politique est mauvaise conseillère. On n’ose même pas envisager une réforme rigoureuse et moins généreuse. Ce serait pourtant indispensable à la fois dans l’intérêt des entreprises et du marché du travail ».