Plutôt que d’augmenter les impôts : repenser l’Etat (1/2)

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Par Charles Sannat Modifié le 6 juillet 2012 à 11h36

Nous commençons à avoir une bonne vision de ce que le gouvernement compte faire pour limiter la dérive des comptes publics.

La réponse est simple : augmentation d'impôts tout azimut.

Voilà une stratégie créative et courageuse ! 7,5 milliards d'euros d'augmentations d'impôts d'un côté, contre 90 millions d'euros d'économies et de baisses des dépenses. Autant dire rien du côté des dépenses.
Je ne fais pas partie de ceux qui pensent que l'alpha et l'oméga d'une politique économique consiste uniquement à réduire les dépenses.
Mais tout de même !
Aucune question de fond n'est abordée.

Prenons un exemple. Quel intérêt à faire la queue pour une carte grise, pour être reçus, nous « usagers » , par un préposé ou un agent plus ou moins aimable qui va accomplir une tache parfaitement inutile qui pourrait être confiée à un plateau technique et dématérialisée en utilisant les nouvelles technologies. Bref, vous imaginez les gains de productivité possible si la fonction publique était réformée pour mieux de fonction publique.
D'ailleurs, à ce propos, la gestion des PV des radars automatiques est particulièrement efficace. Tout peut et doit être amélioré. Aucune stratégie ambitieuse sur ce type de sujet ne semble à l'ordre du jour. C'est dommage.

Priorité est donnée donc en terme de dépense à l'Education Nationale. Je suis favorable et plutôt deux fois qu'une à l'éducation de nos enfants qui sont notre richesse de demain, et un fervent partisan de l'école républicaine.
Mais enfin soyons sérieux. Cela fait 30 ans que nous augmentons les ressources de l'Education Nationale et que l'échec scolaire augmente proportionnellement.

Les problèmes de l'école dépassent largement celui des moyens. Aborder ceux-ci sous l'angle des moyens, c'est faire de la démagogie, et c'est se cacher derrière les bons sentiments et agir avec des visées électoralistes. Au-delà des moyens, c'est les sujets du collège unique ou des méthodes d'enseignements , méthode globale ou semi-globale qui ne fonctionnent pas.

On peut et on doit baisser les dépenses.

Priorité aussi à la Police. Nous sommes tous pour plus de sécurité. Mais est-ce une question uniquement de moyens humains ? J’ai été surpris de constater à Londres qui est une grande ville avec tous les problèmes que l’on peut y trouver, l’absence quasi totale de forces de l’Ordre dans la rue. Pas de policiers. Mais des caméras partout et une population civique qui « dénonce » et « témoigne » lorsque des actes délictueux sont commis pour faire avancer les enquêtes. Du coup, la stratégie anglaise en terme de sécurité a été le choix d’une police d’investigation. En France c’est le choix d’une police d’intervention qui je suis navré de le dire, intervient toujours trop tard ou presque.
Ce n’est pas notre police qui est en faute, c’est notre raisonnement. Rien ne peut empêcher un criminel de commettre son crime puisqu’il n’est pas possible de mettre un policier derrière chaque citoyen pour une intervention en temps réel.

Fort de ce constat de réalité, nos amis anglais ont répondu en disant il n’est pas possible d’empêcher les délits.
Mais il est possible de trouver ou retrouver le coupable en disposant des caméras en des lieux stratégiques. Vous imaginez les gains de productivité avec une telle stratégie ? Je ne dis pas que je suis favorable à l’installation de millions de caméras, mais enfin posons les vraies questions permettant d’apporter de vraies solutions.

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Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l’Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.