Pourquoi est-il difficile d’enregistrer un nom de domaine en Afrique?

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Par Economie Matin Afrique Modifié le 20 octobre 2012 à 9h17

Dans une interview à StarAfrica.com datée du 17 avril 2012, Mohamed Diop (ancien membre de l’ICANN, l’organisme de gestion technique de l’Internet, et PDG de Kheweul, l’un des rares registrars africains), explique pourquoi il est si difficile d’enregistrer un nom de domaine en Afrique. C’est parce que, explique-t-il «les pays africains ont laissé [le marché des noms de domaines] dans un esprit de gestion informel qui échappe à toute logique de sécurisation et de protection des utilisateurs, de moralisation du marché par un encadrement des prix». Ainsi, poursuit Mouhamed Diop, ce marché «échappe à toute régulation ou contrôle» alors qu’ailleurs dans le monde, il «obéit à une organisation de type Registry – Registrar - Registrant», le registrant étant l’utilisateur final. L’Afrique manque de registries, ou intermédiaires agréés, ce qui «rend le marché très informel» et qui le soumet «à des spéculations de tous genres».

S’il y a «plus de 950 registrars dans le monde entier, qui sont les intermédiaires agréés qui ont la responsabilité de rendre les noms de domaines accessibles aux populations, (…), en Afrique on en compte que cinq présentement pour une population proche du milliard d’habitants». Résultat des courses, le marché africain compte «toutes sortes d’intermédiaires et les populations désabusées préfèrent ne pas acheter plutôt que de se faire arnaquer, d’où la très faible pénétration des noms de domaine Internet en Afrique, moins de 2%».

Pour Mohamed Diop, «l’Afrique devra attendre que les opérateurs de télécommunications mobiles apprennent et comprennent les enjeux liés à ce marché, comme ce fut le cas de la connectivité Internet, pour que l’on puisse assister à une résolution des problèmes liés à l’obtention des noms de domaines Internet et à un véritable boom».

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