La pression étrangère sur l’éolien industriel en France

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Par Jean-Louis Butré Modifié le 29 novembre 2022 à 9h23
France Eoliennes Production Electricite France
7,2%En 2019, l'éolien a produit 7,2% de l'électricité consommée.

Article coécrit avec André Posokhow, expert financier membre du Conseil d’Administration de la Fédération Environnement Durable

Le 21 avril dernier, en pleine épidémie du Covid, le gouvernement a fait paraitre en catimini un décret relatif à la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) qui annonce ce que doit être l’avenir énergétique de la France.

Pour la PPE l’avenir de notre énergie est très éolien

La PPE annonce un objectif de doublement de la puissance éolienne industrielle en France (35 GW contre environ 16 GW à fin 2019) en neuf ans. Cela pourrait représenter un quasi doublement du nombre d’éoliennes qui est aujourd’hui de 8000. Ce seront des machines de plus en plus monstrueuses dont la taille, plus de 200 mètres aujourd’hui, se rapproche de celle de la tour Eiffel.

Disette et appétit des promoteurs allemands.

En Allemagne la transition énergétique, décidée il y a près de 10 ans, se trouve en crise.

Senvion, important fabricant de turbines en Allemagne et 3ème constructeur de parcs éoliens en France, a déposé son bilan et sera vendu à la découpe. La cause en est l’effondrement du marché de l’éolien terrestre en Allemagne.

Le marché français, déjà largement maîtrisé par l’étranger, apparait ainsi aux acteurs, extérieurs et surtout allemands, de l’éolien comme un grand marché de remplacement.

Les armes multiples de l’offensive éolienne.

La connivence des pouvoirs publics.

Depuis la Loi de la transition énergétique les pouvoirs publics ont fait le choix des Energies renouvelables (ENR) et en priorité de l’éolien industriel.

Le Ministère de l’Ecologie et les administrations responsables sont influencées et pénétrées au plus haut niveau par des partisans de l’éolien.

Les obstacles juridiques à la propagation de ces machines industrielles sur tout notre territoire ont été abaissés puis souvent abattus par des lois et décrets d’oppression.

Les campagnes de propagande et d’endoctrinement des ONG.

Fabien Bouglé a dénoncé dans son livre : « Eoliennes, la face noire de la transition énergétique », la caisse de résonnance intarissable de la propagande en faveur de la dislocation de notre système énergétique et du démembrement d’EDF que représentent les grandes ONG internationales et autres associations écologistes.

Il cible en particulier WWF, et surtout Greenpeace.

Le chevalier blanc Greenpeace, désigné par Thibault Kerlirzin comme un« un mercenaire vert », dans son ouvrage « Greenpeace, une ONG à double fond(s) », est partenaire de Vestas société danoise, leader mondial de fabrication des éoliennes via sa filiale Greenpeace Energy, propriétaire de centrales éoliennes.

Le terme de conflit d’intérêts apparait comme un timide euphémisme.

La financiarisation.

C’est notre propre système bancaire qui finance la colonisation et la pollution de nos territoires par des machines industrielles inutiles, peu productives, mais tellement rentables pour les prédateurs éoliens.

C’est le cas d’OSEO qui, en 2013, sur l’ensemble de la France, finançait une éolienne sur trois. Concernant les partenaires, Oseo travaillait avec les constructeurs Gamesa, Siemens, Repower, Enercon.

Le mécénat.

Le mécénat est de plus en plus pratiqué par les développeurs éoliens.

Certes, il n’est pas question, en l’occurrence, d’évoquer une forme de corruption même s’il a été établi, notamment par le SCPC (service central de prévention de la corruption), que l’éolien est un vecteur de corruption.

Cependant Il s’agit bien de s’attirer les bonnes grâces des collectivités locales et de les soudoyer par des contributions qui peuvent prendre différentes formes. Actuellement il semble que les opérateurs éoliens allemands comme le groupe Ostwind fassent un effort sensible dans ce sens.

En Haute Vienne, une opération de restauration de l’église d’Oradour saint Genest est portée par la Fondation du patrimoine et la commune en partenariat avec les établissements Leclerc et Ostwind.

Il en va de même au Dorat, en Haute Vienne, où la commune a entrepris de restaurer la Collégiale Saint Pierre.

Nul doute que nous verrons fleurir les projets éoliens en Haute-Vienne grâce aux actions de mécénat de ce groupe allemand.

L’influence prégnante de groupements d’intérêt puissants : l’exemple de l’Office franco-allemand pour la transition énergétique (OFATE).

Officiellement l’OFATE un Office franco-allemand de coopération et d’échange

Il s’agit d’un groupement d’intérêt et d’influence composé de syndicats professionnels comme le Syndicat des Energies Renouvelables (SER) et France Energie Eoliennes et leurs semblables allemands et d’entreprises de l’éolien industriel. D’une manière surprenante ce réseau d’influence compte aussi le ministère de l’Ecologie français et le ministère de l’Economie et de l’Energie allemand dans son comité de pilotage.

Deux bureaux, l’un à Berlin, l’autre à la Défense dans les bureaux du Ministère de l’Ecologie hébergent cet Office qui est ainsi financé par la puissance publique elle-même.

En réalité l’OFATE est un organisme qui se trouve largement entre les mains de l’industrie éolienne allemande et œuvre dans l’intérêt de ses entreprises.

Il s’agit d’une association de droit allemand. Son siège est à Berlin. Le directeur s’appelle Sven Rösner et est visiblement allemand. Au sein du comité de pilotage 2017-2018, on dénombre 14 entreprises dont 9 appartiennent à un groupe allemand et 3 seulement sont françaises.

Economiquement ce sont les entreprises allemandes qui retirent un profit de l’action d’influence de ce que l’on peut appeler une entente ou un cartel éolien. La France, quant à elle, n’en retire guère un avantage économique et sa balance commerciale en souffre énormément.

Un constat de la domination étrangère et d’Outre-Rhin.

L’éolien industriel terrestre. L’occupation et le saccage de notre territoire.

En matière d’éolien terrestre, il n’existe pas de constructeur français significatif. Les constructeurs étrangers détiennent une quasi-exclusivité : en 2019, six entreprises, toutes étrangères, ont capté le marché de la construction et de l’installation.

Si la plus importante est la danoise Vestas, la part du lion revient à l’ensemble constitué par 4 constructeurs allemands qui ont édifié environ les deux tiers du parc éolien français :

La capacité des parcs éoliens terrestres exploités en France s’est élevée en 2019 à 15 820 MW et connait une progression qui s’est nettement accélérée en 5 ans

Les sociétés étrangères (hors allemandes) exploitent environ 24% de cette capacité. Les exploitants allemands représentent 21% avec VSB et Volkswind. soit au total près de la moitié de la puissance de l’éolien terrestre exploité en France.

L’éolien marin : un nouveau mur de l’Atlantique ?

Il existe sept projets éoliens en cours de montage. Leur puissance prévisionnelle totale et d’environ 3GW .

Les tours de table des consortiums sont majoritairement étrangers. La construction des turbines et l’installation des parcs se trouvent quasi-entièrement aux mains de sociétés étrangères et plus particulièrement du constructeur allemand Siemens.

En conclusion.

Le secteur économique de l’éolien industriel se trouve très largement maîtrisé par les constructeurs (à près de 100%) et des opérateurs étrangers malgré l’exploitation de parcs par EDF et ENGIE.

Les entreprises éoliennes allemandes jouent déjà un rôle important dans ce secteur économique en France. Appuyées par les ONG du type Greenpeace, elles bénéficient du soutien institutionnalisé que les pouvoirs publics français accordent à l’éolien industriel grâce à la PPE.

Ce soutien est concrétisé par l’existence de l’OFATE, office qui se veut au service de la transition énergétique franco-allemande. Celle-ci n’existerait que si les intérêts étaient communs et équitables. Or les intérêts français, même s’ils sont bafoués par ceux qui sont payés pour les défendre, sont différents de ceux de nos voisins.

La collaboration qu’implique une telle ambition ne peut que rappeler celle du cheval et de son cavalier. Les entreprises allemandes plantent leurs mats et en tirent chiffre d’affaire et profits et les Français bradent leurs terroirs et creusent encore plus leur déficit commercial.

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Ingénieur PhysicienExpert Énergie et ancien PDG entreprisesPrésident de la Fédération Environnement Durable (1750 associations de toutes les régions de France)Président d'EPAW, plateforme européenne contre les éoliennes industrielles

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