L’UMP émet des propositions chocs pour baisser les impôts et les dépenses publiques

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Par Laure De Charette Modifié le 21 mars 2013 à 9h20

Quitte à être cantonnés dans l'opposition pendant encore quelques années, autant les consacrer à émettre des propositions ! Les ténors de l'UMP doivent se réunir aujourd'hui dans le cadre d'une convention fiscale où ils vont tenter d'imaginer un train de mesures destinées à faire baisser les impôts mais aussi les dépenses publiques. Les mauvaises langues diront qu'ils vont réfléchir à faire le contraire de ce qu'ils ont fait pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy puisque le taux des prélèvements obligatoires est passé de 43,2% en 2008 à 43,7% en 2011, et la part des dépenses publiques dans la richesse nationale a augmenté de plus de trois points, à 55,9%, en l'espace de cinq ans !

Parmi les 16 propositions qui vont être débattues, et dont Les Echos ont obtenu une copie, certaines sont explosives. Et irréalisables ?

Pour commencer, il faudra selon l'UMP relancer la Révision générale des politiques publiques, chère au cœur de Nicolas Sarkozy qui n'a cessé pendant son quinquennat d'en vanter les mérites. A juste titre d'ailleurs : la fusion des administrations des impôts et du Trésor, la réforme de la carte judiciaire, la dématérialisation de certaines procédures administratives et surtout le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, etc, ont permis d'économiser en tout près de 12 milliards d'euros. Ensuite, il faudra supprimer la durée légale du travail fixée à 35 heures, c'est-à-dire laisser à chaque entreprise le loisir de décider du seuil de déclenchement des heures supplémentaires, et imposer le passage aux 39 heures par semaine dans la fonction publique. Sans oublier d'instaurer la règle du non-remplacement de deux fonctionnaires sur trois partant à la retraite (hors secteurs régaliens), de baisser les dotations aux collectivités locales, de mettre un point final aux régimes spéciaux de retraite... Tout un programme !

L'idée est aussi de baisser les impôts qui frappent les entreprises, « dans un objectif de compétitivité, de croissance et d'emploi » comme le précise le député UMP de la Drôme Hervé Mariton, qui va chapeauter la convention. Cela passerait notamment en substance par un choc de compétitivité de 40 milliards d'euros. Comme le soulignait déjà le groupe de travail UMP sur la compétitivité en octobre 2012, entre 1997 et 2011, les parts de marché des entreprises françaises sont passées de 5,4% à 3,3% du commerce mondial. Notamment car les charges pesant sur le travail sont trop élevées. En France, une heure de travail coûte 4 euros de plus qu'en Allemagne, 7,40 euros de plus qu'en Italie et 6,50 euros de plus que dans la moyenne de la zone euro, toujours d'après le rapport.

In fine, l'objectif du parti de l'opposition est que les dépenses publiques ne dépassent pas 50% du PIB, soit moins que la moyenne de la zone euro, qui est de 51%. Et sachant qu'elles représentent actuellement 56,3% du PIB et que François Hollande espère les réduire à 53% du PIB d'ici 2017. Que de voeux pieux en cette veille de Pâques !

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Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.

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